0
Industrie
Interview : Domingo Ureña-Raso, directeur général d’Airbus Military
Interview : Domingo Ureña-Raso, directeur général d’Airbus Military
© Airbus

| François Julian

Interview : Domingo Ureña-Raso, directeur général d’Airbus Military

L’A400M a fait une tournée de démonstration au printemps en Amérique du Sud et en Asie Pacifique. Quels ont été les retours ?

Les retours sont très encourageants. Ça se ressent au niveau des questions qui nous sont posées, qui sont plus précises qu’auparavant. On est passé de la simple curiosité à un vrai intérêt. Nous avons eu un très un bon accueil au salon aéronautique de Fidae au Chili.

 

En raison de problèmes techniques du moteur TP400, Airbus Military a préféré ne pas faire voler l’A400M durant le salon de Farnborough. C’est un peu dommage non ?

En effet, nous avons décidé de ne pas voler tant que nous n’avions pas une analyse complète des avaries qui ont touché le boîtier réducteur de l’hélice. Mais en même temps, nous avons plus de temps pour faire des présentations au sol de l’avion. Et les délégations étrangères se succèdent sans interruption, d’autant que c’est la première fois que nous présentons MSN 6, le premier A400M doté d’une soute entièrement aménagée comme les avions de série. Plus généralement, les clients sont assez compréhensifs. L’A400M est un avion nouveau et complexe. Et MSN 6 reprendra ses essais en vol de certification juste après la fin du salon.

 

A quand une nouvelle vente à l’export ?

Nous travaillons sur un plan à moyen terme, sur les deux à trois prochaines années. Nous visons trois régions du monde. Premièrement l’Asie Pacifique, et notamment l’Indonésie et la Thaïlande qui ont besoin de nouveaux avions de transport militaire et qui pourraient s’inspirer de la Malaisie qui a déjà commandé quatre A400M. Nous visons également l’Inde, qui a des C-17 en commande, mais qui a aussi besoin d’avions plus petits. Enfin nous avons espoir de vendre l’avion à certains pays du Golfe. Je ne perds également pas espoir de placer l’avion aux Etats-Unis. L’US Air Fore se pose beaucoup de questions. Il y a un vide à combler entre le C-130 Hercules et le C-17.

 

A quand une version multimission de l’A400M ?

Sur ce point, nous travaillons avec les clients qui nous font part de leurs réflexions. Ils commencent tout juste à mesurer le potentiel de l’avion, et à voir ce qu’ils pourraient faire avec. Il est notamment question des missions de patrouille maritime, de recherche et sauvetage (SAR), voire d’écoute électronique. Toutes ces réflexions vont se consolider d’ici 3 à 4 ans.

 

Selon un récent rapport du Sénat français, la mise en place du contrat du soutien des premiers A400M de l’armée de l’Air serait toujours difficile ?

C'est la première fois qu'on va mettre un avion en service avec un contrat de service aussi complet, donc effectivement c’est compliqué. Mais jamais auparavant nous n’avons planifié une entrée en service avec un tel niveau de finition et une telle quantité de pièces détachées disponibles. Nous espérons finaliser d’ici la fin du mois de juillet le contrat couvrant le soutien des avions français durant leurs 18 premiers de service.

 

Quand est prévue la livraison du premier A400M français ?

Notre objectif est d’être prêts à livrer MSN 7 (ndr : le premier avion de série) en décembre prochain. C’est à ce moment-là que débutera le processus d’acceptation par la DGA, et l’avion sera effectivement livré à la base d’Orléans-Bricy avant la date contractuelle qui est de mars 2013. Le deuxième A400M français (MSN 8) sera ensuite livré avant l’été 2013, et le troisième (MSN 10) d’ici la fin de cette même année. Entre-temps, à l’automne 2013, nous livrerons également un premier A400M à la Turquie.

 

Propos recueillis le 11 juillet 2012, lors du salon de Farnborough.

 

Domingo Ureña-Raso, directeur général d’Airbus Military

Répondre à () :


Captcha

Produits du marketplace

| | Connexion | Inscription