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Farnborough Air Show 2016
Farnborough 2016: Interview d'Antoine Bouvier, PDG de MBDA
Farnborough 2016: Interview d'Antoine Bouvier, PDG de MBDA
© Cyrille Cosmao

| GBelan

Farnborough 2016: Interview d'Antoine Bouvier, PDG de MBDA

 

 

 

MBDA se porte bien, avec d’excellents résultats et un export en croissance. Comment expliquez vous ce succès?

 

Pour comprendre le succès de MBDA aujourd’hui, il faut remonter vingt ans en arrière. MBDA, ou plutôt MBD à l’époque, est né en 1996 de la volonté franco-britannique. Les deux pays décidaient alors de coopérer sur le programme Storm Shadow/Scalp, comme alternative au programme américain SLAM-ER. Cette décision a été l’acte fondateur de la création de MBD. Ce programme était tellement stratégique que les deux sociétés, Matra Défense et BAe, ont décidé de fusionner leurs activités missiles.

 

Depuis 1996, le succès de MBDA s’est bâti sur ces deux piliers : la coopération sur les programmes et l’intégration industrielle, chacun se supportant et se renforçant mutuellement.

Quand des sociétés sont intégrées, la situation est optimale pour gérer les programmes. Prenez le programme Meteor. Un programme très ambitieux, mais un réel succès, car il a été géré par un unique directeur de programme sur l’ensemble des pays de MBDA : France, Grande-Bretagne, Italie et Allemagne. Il ne s’agit pas d’une coopération entre plusieurs sociétés, mais d’un programme piloté par une seule société présente sur différents pays. C’est un élément fondamental de notre succès. La gestion par une structure intégrée permet de mieux gérer les programmes, mais aussi de mieux préparer le futur. Lorsque des sociétés nationales, qui restent indépendantes et concurrentes sur d’autres marchés, coopèrent sur un programme, c’est beaucoup plus compliqué.

 

On le comprend, le moteur de MBDA est la coopération franco-britannique. Quel impact peut donc avoir le Brexit sur votre société?

 

Je regrette le vote britannique en faveur d’une sortie de l’Union européenne, mais je le respecte. L’Europe de la défense s’est très largement construite dans des cadres bilatéraux et multilatéraux. L’implication de l’Union européenne est restée très limitée. Je le regrette, mais c’est un constat.

Dans le domaine industriel, le moteur principal de la Défense européenne n’est pas dans l’UE, mais dans ces coopérations bilatérales et multilatérales. Le problème tient à ce que les politiques de défense des Nations européennes sont trop différentes. Entre ceux alignés sur l’Otan et d’autres, comme la France, qui tiennent à leur autonomie stratégique, les visions sont difficilement conciliables. Tandis que les engagements budgétaires sont très variés... Et le Royaume-Uni a toujours été réticent à accepter que l’UE soit un acteur de Défense. Ainsi, il n’y a pas encore de vision commune de la Défense en Europe.

 

Encore une fois, je le regrette. En conséquence, nous ne serons pas directement impactés par le Brexit. Le Royaume-Uni quitte l’Union, pas l’Europe. Par contre, nous allons vivre une période de transition qui sera faite de tensions et d’incertitudes. Il y a donc devant nous quelques années conflictuelles et incertaines pendant lesquelles notre modèle pourrait souffrir du climat général.

Le président de MBDA en cinq dates :

1983 : diplômé de l'Ecole Polytechnique

1986 : diplômé de l'ENA

1998 : président du GIE ATR

2002 : président exécutif d'Astrium Satellites

2007 : président exécutif de MBDA

 

 

Retrouvez l'intégralité de cette interview  de 4 pages dans le numéro d'Air & Cosmos N°2508 daté du 8 juillet.

 

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