0
Défense
Eurosatory: Interview du général Beaudoin, commandant la STAT © Cyrille Cosmao

| GBelan

Eurosatory: Interview du général Beaudoin, commandant la STAT

A l'occasion du salon Eurosatory, qui ouvre ses portes ce lundi 13 juin, Air & Cosmos a rencontré le général Charles Beaudoin, commandant la Section Technique de l'Armée de Terre. L'occasion d'évoquer l'ensemble des programmes aéroterrestres.

 

L'armée de Terre est, depuis quelques années, particulièrement sollicitée en opérations (extérieures et intérieures). En quoi cela impacte-t-il les équipements des forces ?

Tout d'abord, la succession de guerres, toutes différentes, a conforté l'effort consenti pour ne pas créer de « trou capacitaire », au prix parfois de microcapacités, certes (treize lance-roquettes unitaires seulement, par exemple), mais capacités quand même, redoutables de surcroît. Les choix en matière de programmes ont également été confortés par le « combat-proven », que ce soit le Tigre, le NH90, le VBCI, le Caesar et le Félin, même si ce dernier doit perdre du poids, ce qui sera fait avant la fin de l'année. L'armée de Terre s'est adaptée dans les techniques, tactiques et procédures, aguerrie fortement dans son entier. L'équipement du soldat a changé du tout au tout, les standards de protection, anti-mines et anti-IED, détecteurs de départ de coup et alerteurs de tirs mortiers, se sont accrus, comme la puissance de feu de nos systèmes (tourelleaux télé-opérés). Nous savons aujourd'hui conduire en plein désert la coordination interarmées des intervenants dans la troisième dimension. Les armées de l'Air et de Terre pratiquent usuellement aujourd'hui l'emploi des drones. Les actions aéroterrestres les plus complexes sont conduites en combat de nuit.

en combat de nuit. Au bilan et à ce jour, depuis 2006 nous avons conduit de l'ordre de 350 opérations d'urgence opérationnelle pour nous adapter, sans sacrifier un seul programme majeur. Mieux, ces programmes, comme Scorpion, intègrent les standards développés en opérations.



 

Les drones sont de plus en plus présents dans les opérations, notamment terrestres. Ceux du génie sont en cours de déploiement au Sahel. Le 61e Régiment d'artillerie va recevoir le Patroller de Sagem. Demain, quelle sera la capacité drone de l'armée de terre ?

Avant trois ans, l'armée de terre aura mis en service les successeurs du minidrone Drac (Drone de reconnaissance au contact) et du SDTi (Système de drone tactique intérimaire). Le système de minidrone de renseignement (SMDR) équipera les unités spécialisées des brigades interarmes et le Patroller de Sagem rejoindra le 61e Régiment d'artillerie à Chaumont. Quinze ans séparent les nouveaux systèmes des anciens. Le Patroller en particulier dispose d'un potentiel d'évolution très important. Il n'a pas fini d'étonner, tant dans le développement de ses capacités que dans l'évolution de sa doctrine d'emploi.



L'opération Barkhane au Sahel est particulièrement éprouvante pour l'armée de Terre. Quels enseignements en tirez-vous ?

La gestion des intervenants dans les deuxième et troisième dimensions est, à mon avis, l'enseignement majeur de Serval et de Barkhane. En Afghanistan, cette gestion était assurée par les Américains depuis la grande base aéroportuaire de Bagram.

En BSS, il n'y a rien. Sur un territoire grand comme trois fois la France, les zones de couverture radar sont faibles et intermittentes. Et pourtant il faut gérer de multiples mobiles en l'air comme des avions de combat, d'autres neutres, des hélicoptères, drones, missiles, roquettes et… obus. La flèche de la roquette LRU a une portée maximale de 26 km ! Celle de l'obus du Caesar de 19 km. Tous ces acteurs interviennent dans l'appui des troupes au sol.Aussi le défi est simple et de taille, réduire au maximum les « box » dédiés à chacun de ces acteurs pour combiner leurs feux et non les faire se succéder. Ajoutons à cela le nécessaire « blue force tracking » pour éviter les risques de tirs fratricides air-sol voire sol-sol.

Nous avons beaucoup appris et mis en œuvre depuis 2013...

Retrouvez l'intégralité de cet interview dans le numéro d'Air & Cosmos N° 2504 daté du vendredi 10 juin

 

 

 

eurosatory 2016 ANNIVERSAIRE Station Mir Cnes Soyouz Astronautes

Répondre à () :


Captcha

| Connexion | Inscription