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Défense
Drones : retards chroniques pour le MQ-9 Reaper
Drones : retards chroniques pour le MQ-9 Reaper
© USAF

| Guillaume Steuer

Drones : retards chroniques pour le MQ-9 Reaper


C'est le Pentagone qui le confirme : dans leur rapport annuel rédigé par le DOT&E (Director, Operational Test and Evaluation) et consacré à la revue des grands programmes d'armement, les militaires américains actent de nouveaux retards dans la mise au point des améliorations du drone MQ-9 Reaper, ainsi que des problèmes de développement chroniques qui ont conduit à une "impossibilité de tenir le calendrier" précédemment établi.

 

Même s'il est déjà en service et largement déployé dans sa version Block 1, le MQ-9 Reaper fait actuellement l'objet d'un investissement important pour la mise au point d'un standard "Increment One" qui inclurait une nouvelle version du vecteur aérien lui-même (Block 5), de son logiciel de vol (OFP 904.6) et de sa station-sol (Block 30). "Initialement prévue pour 2013", la phase d'évaluation opérationnelle finale (FOT&E) de ce standard "sera probablement retardée de plusieurs années au-delà de l'année fiscale 2014", indique le rapport publié par le DOT&E.

 

Un retard gênant pour les Etats-Unis mais qui pourrait aussi avoir de sérieuses retombées en France, puisque l'armée de l'Air espérait justement pouvoir disposer de premiers MQ-9 Reaper Block 5 en 2017. La DGA est actuellement en négociations avec l'industriel General Atomics, concepteur du Reaper, pour contractualiser ces appareils ; et la volonté française d'ajouter du contenu national à ces futurs drones ne devrait certainement pas réduire les risques de retard.

 

A l'occasion d'une conférence qui s'est tenue fin 2013, l'armée de l'Air disait tabler sur la livraison de "deux systèmes opérationnels a minima" pour 2017, chaque système étant composé de trois vecteurs aériens et d'une ou deux stations-sol. Dans une audition devant l'Assemblée en octobre 2013, le chef d'état-major Denis Mercier précisait pour sa part que les deux premiers Reaper Block 1 pourront être rétrofittés "à partir de 2017 dans une configuration identique à celle du Reaper Block 5".

 

Par rapport au MQ-9 Reaper Block 1 actuellement en service (et dont l'armée de l'Air utilise deux exemplaires à Niamey, au Niger), le Block 5 devrait amener un certain nombre d'améliorations sur le véhicule aérien Reaper. Le rapport du DOT&E cite notamment un "train d'atterrissage principal amélioré", une génération électrique plus performante, des liaisons de données cryptées ou bien encore un système numérique de contrôle du moteur. L'intégration d'un système de décollage/atterrissage automatique, présenté comme une exigence par le client français qui l'utilise déjà sur ses Harfang, n'est en revanche pas mentionnée.

 

En guise de recommandations, le rapport du DOT&E invite l'US Air Force à finaliser le calendrier de développement du MQ-9 "Increment One", tout en s'assurant de la bonne marche du développement de ses différentes composantes. Parallèlement, les aviateurs devront poursuivre l'intégration de la bombe JDAM GBU-38 de 250 kg à guidage GPS sur leurs Reaper et essayer d'en mener l'évaluation opérationnelle début 2014.

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