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Aviation Civile
Distanciation sociale : la nouvelle équation
Distanciation sociale : la nouvelle équation

| HEGUY Jean-Baptiste

Distanciation sociale : la nouvelle équation

L'IATA (ASSOCIATION INTERNATIONALE DU TRANSPORT AÉRIEN) A ANNONCÉ LE 5 MAI QUE LA MISE EN OEUVRE DE LA DISTANCIATION SOCIALE, EN LIMITANT LES REMPLISSAGES DES AVIONS, POURRAIT ENTRAÎNER UNE FORTE HAUSSE DES TARIFS. AU-DELÀ DE CERTAINES IMPOSSIBILITÉS LIÉES AU MODÈLE ÉCONOMIQUE DES COMPAGNIES AÉRIENNES MONDIALES, IL VA AUSSI FALLOIR RÉTABLIR LA CONFIANCE DES PASSAGERS ET LE TRANSPORT AÉRIEN VA ENCORE DEVOIR SE RÉINVENTER.

Dès le premier jour du déconfinement, le 11 mai dernier, et malgré toutes les précautions qui ont été prises par la SNCF et la RATP, il a été possible de voir que certaines mesures sanitaires liées à la pandémie du Covid-19 (condamnation d'un siège sur deux, problèmes liés aux heures de forte affluence…) allaient être très compliquées à mettre en place dans les moyens de transport terrestres. A bord des avions, un endroit clos, la distanciation sociale entendue comme la condamnation d'un siège sur deux en classe économique ou en premium a été très vite contestée par les compagnies aériennes. En effet, le système de « yield management » (optimisation des remplissages des avions) est devenu, depuis qu'il a été inventé dans les années 1950 par la compagnie American Airlines, avec la création du système de réservation Sabre, la pierre angulaire du modèle économique de tout le transport aérien mondial.

INQUIÉTUDES. « Concernant la distanciation sociale, il y a une réalité qu'il faudra prendre en compte. Notre coefficient de remplissage moyen sur 2019 était à plus de 85 %. Avec cela, nous avons une marge de 1,7 %. Si on réduit notre remplissage pour pouvoir respecter systématiquement la distanciation sociale à bord à moyen et long terme, cela signifie qu'il faudrait limiter à deux tiers au maximum le remplissage des cabines et que notre marge tomberait à -25 %. Il y a donc un sujet de soutenabilité de cette mesure dans la durée », avait ainsi déclaré Anne Rigail, directrice générale d'Air France lors d'une audition le 22 avril devant la commission d'Aménagement du territoire et du développement durable du Sénat.

Retrouver l'intégralité de cet article (n°2688, 15 mai 2020), en format PDF, ci-dessous. 

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