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Des éléments-clé de la vie dans la chevelure de la comète Tchouri
Des éléments-clé de la vie dans la chevelure de la comète Tchouri
© ESA

| Pierre-François Mouriaux

Des éléments-clé de la vie dans la chevelure de la comète Tchouri

Une équipe internationale d’astronomes révèle une nouvelle découverte majeure de la sonde européenne Rosetta.

L’expérience Rosina, le « nez » de la sonde Rosetta de l’ESA satellisée autour de la comète Tchourioumov-Guérassimenko depuis août 2015, a formellement identifié dans les gaz qui en émanent deux éléments comme cruciaux pour l'origine de la vie sur Terre : de la glycine, le plus simple des acides aminés, et du phosphore, présent dans l'ADN, les membranes cellulaires ou la molécule ATP. La physicienne suisse Kathrin Altwegg, responsable de l'instrument Rosina à l’Université de Berne, ajoute : « Dans le même temps, nous avons également détecté d’autres molécules organiques qui peuvent être des précurseurs de glycine, nous donnant ainsi des indications sur les voies possibles de formation de cette molécule. (…) Nous voyons un lien étroit entre la glycine et la poussière, ce qui suggère qu'elle est probablement libérée peut-être avec d'autres molécules volatiles à partir des manteaux glacés des grains de poussière une fois qu'ils sont réchauffés dans la chevelure. ». Matt Taylor, responsable scientifique de la mission Rosetta à l’ESA, considère pour sa part : « La multitude de molécules organiques déjà identifiées par Rosetta, désormais complétée par la détection passionnante d’ingrédients fondamentaux tels que la glycine et le phosphore, confirme notre idée que les comètes aient eu la capacité d’apporter sur Terre des molécules clés pour la chimie prébiotique. Démontrer que les comètes sont des réservoirs de matière primitive dans le système solaire et les vecteurs qui auraient pu transporter ces ingrédients essentiels à la Terre, est l'un des principaux objectifs de la mission Rosetta, et nous sommes ravis de ce résultat. »

L’information a été publiée le 27 mai dans un article la revue Science Avances de l’Association américaine pour l’avancement des sciences (AAAS). Intitulé « Produits chimiques prébiotiques -acide aminé- et de phosphore dans l’environnement de la comète »* et long d’environ 17 000 signes (près de quatre pages de plein texte de notre magazine), il est signé par 32 chercheurs du monde entier (Allemagne, Belgique, Etats-Unis/Hawaï, Israël et Suisse), dont sept Français issus de six laboratoires nationaux : le Laboratoire atmosphères, milieux, observations spatiales (LATMOS, CNRS/UPMC/UVSQ), l'Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP, CNRS/Université Toulouse III – Paul Sabatier), le Laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques (LISA, CNRS/Université Paris Est Créteil/Université Paris Diderot), le Laboratoire de physique et chimie de l'environnement et de l'espace (LPC2E, CNRS/Université d'Orléans), le Centre de recherches pétrographiques et géochimiques (CRPG, CNRS/Université de Lorraine), le Laboratoire d'astrophysique de Marseille (LAM, CNRS/Aix Marseille Université).

*Titre original : Prebiotic chemicals -amino acid and phosphorus- in the coma of comet 67P/Churyumov-Gerasimenko.

 

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André.BLANC | 30/05/2016 15:34

Il y a 200 ans seulement, la plupart des scientifiques pensaient qu'un dieu avait créé la terre il y avait 2000 ans, et la théorie de l'évolution est encore rejetée par 70% des terriens. Alors restons zen sur ces nouvelles découvertes grâce à la comète. On y a trouvé quelques molécules qui nous montrent seulement que la vie peut être possible ailleurs. Qu'elle soit arrivee sur terre par une comète, un alien ou un colissimo ne fait que repousser ailleurs l'apparition de cette vie et ne répond pas à la question : Comment se créée t elle? Et si comme le montre les probabilités elle existe ailleurs, alors en tant qu'Homme, soyons enfin un peu modeste, nous qui affirmions être le centre du monde.

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