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Industrie
Coronavirus : Airbus plaide pour un soutien à l'écosystème aéronautique
Coronavirus : Airbus plaide pour un soutien à l'écosystème aéronautique
© Airbus

| Yann Cochennec

Coronavirus : Airbus plaide pour un soutien à l'écosystème aéronautique

Airbus appelle les gouvernements à aider les compagnies aériennes et la chaîne des fournisseurs à traverser la crise créée par la pandémie de coronavirus.

Airbus a 30 Md€ de cash devant lui

Face à des compagnies aériennes touchées au coeur de leur activité - transporter des passagers; en raison de la pandémie de covid-19; Airbus appelle les gouvernements à soutenir fortement non seulement les opérateurs mais également tous les acteurs de la supply chain ou chaîne des fournisseurs. " Nous ne demandons pas un soutien direct pour nous car Airbus a pris les mesures pour disposer des liquidités nécessaires. Il s'agit pour les gouvernements d'apporter leur soutien à l'écosystème", souligne Guillaume Faury, président d'Airbus, dans un échange avec la presse ce matin lundi 23 mars. De son côté, le groupe s'est organisé pour désormais disposer de 30 Md€ de liquidités grâce à un volet de mesures financières.

Comme l'obtention d'une nouvelle facilité de crédit de 15 Md€ en plus de la facilité de crédit renouvelable existante ; le retrait de la proposition de dividende 2019 de 1,80 euro par action qui représente une valeur totale d’environ 1,4 milliard d’euros et la suspension du financement volontaire des retraites complémentaires. "En raison de la visibilité limitée due à l’évolution constante de la situation, les prévisions 2020 sont annulées. Divers scénarios opérationnels, y compris des mesures visant à réduire les besoins de trésorerie, ont été identifiés et seront activés en fonction du développement de la pandémie", souligne Airbus dont les ressources de liquidité étaient auparavant de près de 20 Md€, dont environ 12 Md€ d’actifs financiers disponibles et environ 8 Md€ de lignes de crédit non utilisées.

 

Préparer l'après-coronavirus

Dans le même temps, Airbus se prépare à l'après-coronavirus ou à la sortie de crise avec une reprise "partielle de sa production en France et en Espagne" dès ce 23 mars, "à la suite des contrôles de santé et de sécurité effectués après la mise en place de mesures strictes". Une mise en place qui a nécessité "l’interruption temporaire des activités de production et d’assemblage sur ses sites français et espagnols pendant quatre jours". S"euls seront rouverts les postes de travail s’ils sont en totale conformité avec les nouvelles mesures de santé et de sécurité en matière d’hygiène, de nettoyage et d’auto-distanciation", souligne Guillaume Faury qui rappelle que le site de Tianjin en Chine a été fermé pendant plusieurs jours et a depuis repris son activité à 99 %.

D'ailleurs, en Chine, le trafic aérien donne des signes progressifs de reprise. Après avoir atteint son point le plus bas en février dernier, le trafic aérien chinois, qui était tombé à seulement 15 % de son activité d'avant la pandémie du covid-19, est désormais aux alentours de 30%. Même au plus fort de la crise, la supply chain d'Airbus dans ce pays a continué de fonctionner comme l'a indiqué une étude étude menée par les équipes d'Airbus auprès de 100 fournisseurs. Airbus entend donc "assurer la continuité de ses activités, même en cas de crise prolongée, en maintenant la production, en gérant son carnet de commandes résilient, en soutenant ses clients et en garantissant la flexibilité financière de ses opérations".

Travail au cas par cas

En contact permanent avec ses clients, compagnies aériennes et sociétés de location d'avions, Airbus est parfaitement conscient que "la grande majorité travaille pour l'instant sur le court terme et prend les mesures nécessaires pour pouvoir rebondir", une fois la secousse passée. "Nous restons très prudents. Par son ampleur, la crise actuelle n'est pas similaire aux précédentes. Nous travaillons donc au cas par cas, compagnie aérienne par compagnie aérienne, pays par pays", indique Guillaume Faury qui se refuse à jouer "les madames Irma" sur les nouveaux visages possibles du transport aérien mondial, une fois la crise passée. Tout en rappelant que le transport aérien reste "la clé de voûte du développement économique mondial et des échanges culturels" et que la problématique de l'avion durable, décarboné, sera toujours présente.

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