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Défense
Ce mystérieux moteur militaire que prépare General Electric
Ce mystérieux moteur militaire que prépare General Electric
© GE

| François Julian 507 mots

Ce mystérieux moteur militaire que prépare General Electric

C'est avec parcimonie que General Electric distille les informations sur son futur moteur militaire. Pour l'heure, ce dernier n'a pas encore de nom. On sait seulement qu'il est développé dans le cadre d'un programme de recherche financé par l'US Air Force baptisé Advent (ADaptive Versatile ENgine Technology), et qu'il est d'un genre nouveau.

 

Pourquoi ? Parce que ce moteur est à cycle variable. Une technologie qui n'a jamais dépassé le stade expérimental et que le motoriste avait déjà proposée dans le courant des années 80 pour les moteurs du F-22 (avant que Pratt & Whitney ne rafle le contrat).

 

Pour les amoureux de la technique, un moteur à cycle variable est un moteur qui est capable d'ajuster son cycle de fonctionnement en fonction du régime de vol. C'est tout particulièrement le taux de dilution qui peut être ajusté en fonction de la vitesse de l'aéronef - subsonique ou supersonique.

 

En résumé, cela permet d'aboutir à un séduisant compromis entre le paisible turbofan de l'avion commercial, peu gourmand mais incapable d'évoluer à vitesse supersonique, et le turboréacteur de l'époque héroïque, monstre de puissance mais énorme consommateur de kérosène.

 

 

 

Chez General Electric, cela se traduit par l'ajout d'un troisième flux d'air aux deux déjà existant dans un turboréacteur double flux, dont on peut faire varier l'ouverture au moyen d'un système de clapets.

 

Pour l'heure, les essais du motoriste se concentrent uniquement sur le corps haute pression, dont un premier démonstrateur est à l'essai dans les installations de GE à Evendale dans l'Ohio. Et les premiers résultats semblent prometteurs, puisque ce corps chaud aurait fonctionné 55°C au dessus de ce qui avait été prévu. Ce qui est de bonne augure pour atteindre l'objectif global d'une consommation en carburant inférieure de 25 % à celles des moteurs militaires actuels.

 

La suite, c'est le test d'un moteur plus complet prévu d'ici la fin de l'année, en vue de l'essai d'un second démonstrateur en 2016, financé cette fois dans le cadre d'un programme baptisé AETD (Adaptive Versatile Engine Technology). C'est ce dernier qui permettra à l'US Air Force de trancher entre Pratt & Whitney (qui travaille également sur son propre projet) et General Electric, pour le développement de ce futur « super moteur militaire ».

 

Evidemment ce moteur n'augure pas pour le moment une fabrication en série, l'industriel américain évoquant vaguement une entrée en service à l'horizon 2020. Et ces travaux visent également à maintenir le niveau de compétence des motoristes américains face à une concurrence russe qui redevient agressive.

 

Pour autant, aujourd'hui même un motoriste aussi important que General Electric ne peut se permettre de réaliser des essais en laboratoire aussi poussés sans objectif précis en terme d'application. Cette application, ce pourrait être un futur avion de combat ou plus certainement un futur bombardier. On le sait, le Pentagone finance un mystérieux programme baptisé Long-Range Strike (LRS) pour un remplaçant du B-1, voire plus tard du B-2. Evidemment difficile d'en savoir plus, on entre ici dans le domaine du secret-défense.

 

 

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