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16/01/2019 16:51 | Par HEGUY Jean-Baptiste

Benjamin Smith : "Air France-KLM a tout le potentiel pour être numéro 1 en Europe"

Accompagné de Anne-Marie Couderc, présidente non-exécutive d'Air France-KLM et présidente du conseil d'administration d'Air France, le directeur général d'Air France-KLM Benjamin Smith a tenu sa première audition le 16 janvier devant la Commission de l'Aménagement du territoire et du développement durable. Il veut se focaliser sur le service et l'expérience client pour relancer le groupe aérien.

Même si Benjamin Smith, directeur général d’Air France-KLM a déjà quelques victoires à son actif, notamment le fait d’avoir pu rapidement boucler un accord général sur les salaires, plus deux accords catégoriels avec les personnels au sol et les PNC, et d’avoir enfin pris une décision concernant Joon, sa première audition devant la Commission d’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat, le 16 janvier, était extrêmement attendue. 

Flanqué de Anne-Marie Couderc, présidente non exécutive du groupe Air France-KLM et présidente du Conseil d’administration, il a pu y donner des éléments sur la stratégie qu’il entend mettre en place pour le groupe franco-néerlandais, alors que les conclusions tirées de la tenue des Assises du transport aérien sont, elles aussi, très attendues et que le processus de privatisation du groupe ADP continue à générer des inquiétudes. 

« Notre priorité absolue est que le groupe Air France-KLM devienne le premier groupe aérien en Europe et un des premiers dans le monde », a fortement affirmé Benjamin Smith. « Je suis plus qu’enthousiaste sur la possibilité d’atteindre cet objectif ». 

Pour cela, le directeur général veut s’attacher à recréer la confiance et le respect chez les salariés d’Air France. « Nous avons eu une grande qualité d’échanges avec les partenaires sociaux. Le 19 octobre, nous avons conclu un accord général de salaires avec une augmentation de salaires de 2% en 2018 (avec effet rétroactif au 1erjanvier) et encore 2% en 2019. Les 9 et 10 janvier 2019, nous avons complété ces accords avec deux accords catégoriels avec les personnels au sol et les PNC. Et nous avons entamé le 5 novembre des discussions avec les pilotes qui vont se poursuivre dans les prochaines semaines », explique-t-il. « Plus généralement, les salariés d’Air France ont une très grande expertise professionnelle et peuvent être fiers de la marque qu’ils représentent. Ils ont tout ce qu’il faut pour que le groupe Air France-KLM prenne la première place en Europe », ajoute-t-il. 

Pour cela, il faut aussi que nos clients reprennent confiance dans les marques du groupe, et notamment la marque Air France qui a encore beaucoup de potentiel. « Air France doit se focaliser sur le voyage haute contribution, avec des évolutions qui vont être mises en œuvre dès cet été », précise Benjamin Smith. « Nous allons ainsi redonner de la cohérence et de la simplicité à notre offre long-courrier. Nous allons aussi optimiser notre secteur maintenance en doublant le nombre de nos avions de réserve », ajoute-t-il.

Pour redonner de la cohérence, il fallait revenir sur la trop grande multiplication des marques qui créait de la complexité vis-à-vis des clients. C’est pourquoi le jeune directeur général a annonçait la réintégration de la compagnie hybride « Joon », dans le giron d’Air France. « L’intégration des 600 PNC qui avaient été recrutés pour Joon devrait s’étaler jusqu’au mois de juillet », précise-t-il. « La finalisation du retour des avions Joon dans la flotte d’Air France devrait prendre environ dix-huit mois ». Pour ce qui concerne les marques Transavia et Hop !, « elles fonctionnent très bien », même si la compagnie régionale d’Air France a connu des problèmes opérationnels. Pour mémoire, la compagnie a notamment été confrontée à une pénurie de pilotes. « Avec sept types d’avions, nous allons devoir fortement rationaliser la flotte de Hop ! pour optimiser notre maintenance et réduire nos coûts », explique Benjamin Smith (ndlr : pour mémoire, à la fin du mois de novembre 2018, Hop ! a d’ores et déjà annoncé qu’elle se séparerait de ses ATR dans les deux ans). « Nous sommes très attentifs à l’amélioration de la régularité et de la ponctualité de notre desserte régionale », ajoute Anne-Marie Couderc, présidente non exécutive du groupe Air France-KLM et présidente du conseil d’administration d’Air France. « Nous avons déjà constaté de nettes améliorations sur ces deux points depuis l’été. Le retour de la stabilité sociale y participe et toutes les équipes sont mobilisées sur ce sujet ». Plus généralement, Benjamin Smith travaille à encore plus centraliser certains achats communs à Air France et KLM, notamment concernant les flottes. 

 

Plus globalement, Benjamin Smith prône un alignement des intérêts réciproques de la compagnie et des opérateurs aéroportuaires, avec en toile de fond la privatisation future du groupe ADP. « A Paris, il y a déjà des coûts d’utilisation d’infrastructures et des niveaux de redevances qui sont parmi les plus élevés d’Europe. Par ailleurs, la taxe de solidarité fait peser une charge injuste sur le secteur aérien, et le niveau des cotisations sociales en France qui n’est pas plafonné crée un handicap majeur avec un écart annuel de 500 millions d’euros avec l’Allemagne et de 700 millions d’euros avec l’Allemagne et les Pays-Bas. C’est pourquoi, dans le cadre de l’éventuelle privatisation du groupe ADP, il faut renforcer le cadre de régulation et le confier à une autorité indépendante », prône Benjamin Smith. « Dans tous les cas, il est particulièrement important pour Air France, principal client, que tout changement dans la gestion du groupe ADP n’ai pas d’impact négatif sur la compagnie ». « Privatisation ou pas, il est très important que nous ayons un débat sur la reconnaissance de l’apport essentiel, y compris pour ADP et pour le pays, du groupe Air France-KLM. D’autant plus qu’il y a encore un fort potentiel de développement pour le groupe ADP », précise Anne-Marie Couderc. Le directeur général d’Air France-KLM prône aussi « l’institution d’une concurrence plus équitable avec les compagnies du Golfe bénéficiant de subventions considérables de la part de leur Etats et certains transporteurs low cost qui pratiquent un dumping social et bénéficient d’aides illégales de la part des collectivités locales ». Les Assises du transport aérien qui vont se clôturer dans les prochaines semaines doivent être l’occasion pour le gouvernement de « prendre des mesures ambitieuses qui généreront des retombées économiques positives ».  

Air France-KLM Benjamin Smith

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