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Baptême d’Electron
Baptême d’Electron
© Rocket Lab/YouTube

| Pierre-François Mouriaux

Baptême d’Electron

Après trois jours de reports dus à de violents vents contraires, le nouveau microlanceur Electron s’est envolé hier depuis la Nouvelle-Zélande, avec un satellite factice. S’il n’a pas réussi sa mise sur orbite, la satisfaction est au rendez-vous.

« It’s a Test » (C’est un essai) : tel était le nom de la charge utile (inerte) du premier vol du microlanceur Electron, développé en seulement quatre ans par la société privée Rocket Lab (créée en 2006), et mis en œuvre pour la première fois depuis la base aménagée sur la péninsule de Mahia, sur la côté Est de l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande. Une position peu survolée par les avions et qui permet d’atteindre de multiples inclinaisons orbitales.

Electron mesure 17 m de haut pour un diamètre de 1,2 m, est constitué de deux étages à oxygène et kérosène, et est propulsé par dix moteurs « maison » Rutherford, utilisant largement la technologie 3D et des dispositifs électriques. Neuf moteurs équipent le premier étage, qui développe 162 kN de poussée. Le lanceur, réalisé en composite de carbone, doit pouvoir embarquer vers des orbites basses des charges utiles allant jusqu’à 225 kg (typiquement 150 kg à 500 km), pour environ 5 M$ par vol.

 

L'espace ouvert aux affaires.

Le vol du 25 mai, démarré à 16h20 locales (4h20 UTC), marquait le premier lancement d’une fusée de classe orbitale mise en œuvre depuis un site de lancement privé dans le monde. Il était destiné à valider les différentes étapes du vol, grâce à 25 000 chaînes de télémesures : fonctionnement des étages (respectivement durant 2 minutes et 30 secondes, puis 5 minutes et 2 secondes), séparation de la coiffe et des étages, et injection sur orbite, à 250 km d'altitude. Seule cette dernière a échoué. « Ce fut un grand vol, considère malgré tout Peter Beck, le PDG de Rocket Lab. […] Notre premier test nous met dans une position incroyablement forte pour accélérer la phase commerciale de notre programme, livrer nos clients sur orbite et ouvrir l'espace aux affaires. »

Ainsi la Nouvelle-Zélande, qui accueillait déjà des lancements de fusées-sondes américaines Arcas en 1963-1964, s'apprête à devenir la douzième puissance spatiale, derrière la Russie, les Etats-Unis, la France, le Japon, la Chine, la Grande-Bretagne, l'Inde, Israël, l'Iran, la Corée du Nord et la Corée du Sud.

 

Trois essais avant… la Lune.

La prochaine tentative de satellisation pourrait intervenir d’ici un mois ou deux. Un troisième essai précédera l’exploitation commerciale du lanceur, espérée dès la fin de l’année, avec un premier lancement opérationnel embarquant le rover américain Moon Express, l’un des finalistes du Google Lunar XPrize. A terme, Rocket Lab (qui compte également lancer Electron depuis Cape Canaveral, en Floride, et Kodiak, en Alaska) compte atteindre une cadence de 120 vols par an !

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