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Baïkonour, le cosmodrome en sursis © Pierre-François Mouriaux/Air & Cosmos

Baïkonour, le cosmodrome en sursis

Depuis 1991, le cosmodrome de Baïkonour d'où sont lancées la plupart des fusées russes appartient au Kazakhstan. Une situation qui pourrait se traduire à terme par l'abandon total de la base cinquantenaire.

La principale base de lancements spatiaux russe, d'où l'astronaute Thomas Pesquet doit s'envoler jeudi soir, se situe sur le territoire du Kazakhstan. Cette république d'Asie centrale est indépendante depuis la chute de l'Union soviétique.

Désormais, l'utilisation du cosmodrome par la Russie est soumise au versement au Kazakhstan d'un loyer annuel de 115 M$ (environ 100 M€), au terme d'un accord signé pour la première fois en 1994. Renouvelé en 2004, il court théoriquement jusqu'en 2050. Théoriquement car, si le contrat stipule un véritable engagement de la part des Russes, le fait que ceux-ci aient entamé en juillet 2012 la construction d'un nouveau cosmodrome (d'où un premier lancement a été effectué le 28 avril dernier) traduit certainement leur volonté de trouver une alternative.

 

L'alternative Vostochny.

Accusant un retard conséquent, les travaux de construction de Vostochny (« cosmodrome oriental ») se poursuivent au sud-est de la Sibérie, non loin de la frontière chinoise. Malgré une position géographique moins favorable (51,8° de latitude Nord, contre 45,4° pour Baïkonour), Vostochny offre l'avantage de figurer sur le territoire russe, et donc de garantir une totale autonomie à la Russie. Mais le vice-président russe Dmitri Rogozine souhaitait stopper les spéculations en juillet dernier : « La Russie ne quitte pas Baïkonour », a-t-il déclaré, ajoutant qu'un projet de développement à long terme du cosmodrome était en discussion, et qu'il serait finalisé en fin de l'année.

Une autre possibilité apparaît alors : la mise en service du cosmodrome de Vostochny pourrait constituer un argument pour la Russie, grande nation de joueurs d'échecs, pour renégocier une baisse du coût de la location de Baïkonour...

 

Un déclin déjà important.

En tout cas, un départ complet des Russes transformerait immédiatement ce centre de vie et d'activité implanté au milieu de nulle part en ville fantôme. Déjà, sa population, qui avait atteint les 120 000 âmes dans les années quatre vingt, s'était réduite 73 000 habitants (dont 10 000 travaillant pour Roskosmos), au moment du dernier recensement. Les nombreux immeubles aux accès et fenêtres murés visibles aujourd'hui témoignent de cet exode.

Alors que s'installer à Baïkonour était autrefois prestigieux, l'objectif des habitants semble désormais de s'en échapper. Une issue qui paraît bien plus diffcile pour les Kazakhs, qui représentent désormais 60% de la population de la ville.

 

 

 

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