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Aviation Civile
Aéroports : après Toulouse, Lyon et Nice en 2015
Aéroports : après Toulouse, Lyon et Nice en 2015
© Aéroports de Lyon

| Léo Barnier 494 mots

Aéroports : après Toulouse, Lyon et Nice en 2015

L'Etat ne compte pas en rester là. Maintenant que l'ouverture du capital de l'aéroport de Toulouse est sur les rails, le gouvernement devrait continuer le mouvement avec d'autres grandes plateformes régionales. Les premières visées seraient vraisemblablement Lyon et Nice, respectivement 4e et 3e aéroports français en terme de trafic derrière Roissy et Orly. Cette possibilité est même présente dans le projet de loi pour la croissance et l'activité, dit «  loi Macron  ». Comme signalé dans le numéro 2433 d'Air & Cosmos, daté du vendredi 12 décembre, la plateforme rhodanienne pourrait franchir le cap dès l'an prochain.

Une hypothèse que semble confirmer Gérard Collomb, maire de Lyon (PS), dans un interview donnée au Progrès. Selon lui, l'Etat adopterait les mêmes modalités qu'à Toulouse. Il cèderait ainsi 49,99 % du capital de la société Aéroports de Lyon à un investisseur privé sur les 60 % qu'il possède. Lyon avait déjà était en pointe lors de la précédente tentative d'ouverture de capital en 2011.

Sur la base du montant de la transaction toulousaine, l'agence de presse Reuters a évalué la valeur potentielle de la société aéroportuaire lyonnaise à 1 Md€. Si ces chiffres sont exacts, l'opération pourrait rapporter près de 500 M€ à l'Etat. Le chiffre semble néanmoins élevé. Comme pour la société Aéroport de Toulouse-Blagnac, la valorisation exacte sera déterminée par appel d'offres.

Pour cette dernière, le prix de 308 M€ pour la cession de 49,99 % du capital avait été jugé très important par plusieurs observateurs. Il reflète essentiellement la force de frappe financière déployée par le consortium chinois Symbiose pour remporter l'appel d'offres. Aucun de ses concurrents – pourtant puissants comme Vinci Airports ou Aéroports de Paris, tous deux aidés de partenaires – n'avaient décidé d'avancer de telles sommes. Pour rappel, l'aéroport de Lyon avait été estimé entre 300 et 400 M€ en 2011.

L'ouverture du capital d'Aéroports de la Côte d’Azur pourrait suivre. L'affaire semblait jusque là plus compliquée en raison de la taille économique  du 3e aéroport français (plus de 150 M€ de chiffre d'affaires). Il avait établi en 2011 que l'opération nécessitait une loi de privatisation. Ce garde-fou pourrait sauter si la loi Macron est adoptée. Son article 49 autorise en effet «  le transfert au secteur privé de la majorité du capital de la société Aéroports de la Côte d’Azur.  » C'est aussi le cas pour Aéroports de Lyon.

Cette nouvelle suscite déjà des réticences régionales alors que l'affaire toulousaine semble plus opaque que prévue. Selon une enquête de Mediapart, le groupe hongkongais «  Friedmann Pacific Investment Group [maison-mère du fonds d'investissement Friedmann Pacific Asset Management, l'un des deux  partenaires du consortium Symbiose, ndlr.] et ses différentes filiales sont immatriculés dans une myriade de paradis fiscaux, dont les îles Caïmans et les îles Vierges britanniques.  » Le site d'information a aussi dévoilé l'existence d'un pacte d'actionnaires où l'Etat s'engagerait «  à ne pas faire obstacle aux décisions prises [par Symbiose, ndlr.] en conformité avec le projet industriel.  »

 

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