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Airbus et Safran consolident Ariane
Airbus et Safran consolident Ariane
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| Stefan Barensky 665 mots

Airbus et Safran consolident Ariane

Alors que s'achève la préparation des propositions qui seront soumises aux cabinets ministériels européens en juillet afin de préparer le Conseil ministériel de décembre à Luxembourg, les principaux industriels de la filière Ariane, Airbus Group et Safran, ont signé un protocole d'accord en vue de la création avant la fin de l'année d'une filiale commune à parité.

 

Celle-ci combinera leurs activités dans le transport spatial afin d'assurer la pérennité de l'accès autonome à l'espace en Europe grâce à l'entrée en service le plus rapidement possible de la nouvelle Ariane 5ME, puis à l'introduction d'une « nouvelle famille de lanceurs compétitifs, polyvalents et performants ».

 

Chaque groupe conservera son cœur de métier mais la nouvelle structure doit permettre une simplification de la gestion des programmes en regroupant les contrats de programmes ainsi que les participations dans le domaine des lanceurs commerciaux (Airbus détient 32,42% d'Arianespace et Safran 10,57%, soit à eux deux plus que les 34,68% du Cnes, actionnaire principal historique). A terme, des actifs industriels seront apportés afin de créer une entreprise à part entière.

 

Aucune information n'a filtré sur la répartition des tâches entre les différents sites industriels des deux groupes. Aujourd'hui, la production d'Ariane 5 et de sa propulsion est principalement répartie entre Les Mureaux, Brême et Munich pour Airbus, via sa filiale Airbus Defence & Space, et Vernon, Saint-Médard-en-Jalles/Le Haillan et Charleroi pour Safran au travers de Snecma, Herakles et Techspace Aéro.

 

La compétitivité d'Ariane 6 doit passer par une réduction des principaux sites de production et d'intégration de plus de vingt aujourd'hui à trois, répartis entre la France, l'Allemagne et l'Italie.

 

Le DLR allemand, qui s'oppose aux décisions techniques prises au précédent Conseil ministériel de l'ESA à Naples en 2012 après plusieurs années d'études comparatives poussées par les équipes du Cnes, de l'ESA et de l'industrie, estime que l'essentiel de l'effort de réduction des coûts doit être accompli par l'industrie sans remettre en cause ses sites de production actuels en Allemagne et surtout son propre site d'essais à Lampoldshausen.

 

Airbus et Safran forment la « core team » industrielle d'Ariane 6 aux côtés de MT Aerospace en Allemagne et d'Avio Spazio en Italie.

 

Lundi 16 juin au matin, le président français François Hollande a soutenu l'initiative en recevant à l'Elysée les dirigeants des deux groupes, Tom Enders d'Airbus et Jean-Paul Herteman de Safran, accompagnés des principaux acteurs du dossier : Geneviève Fioraso, secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur et à la recherche, qui représentera la France à Luxembourg, Jean-Jacques Dordain, directeur général de l'ESA, Jean-Yves Le Gall, président du Cnes et Stéphane Israël, Pdg d'Arianespace.

 

Cette consolidation doit donner la possibilité à la filière Ariane de proposer des solutions de lancements plus adaptées à la réalité du marché – notamment le marché institutionnel européen actuellement mieux desservi par Soyouz que par Ariane 5 – à des tarifs suffisamment compétitifs pour tenir le choc des prix extrêmement bas de SpaceX.

 

Véritable épouvantail agité par toute l'industrie, la firme du milliardaire américain Elon Musk a concentré la production des ses lanceurs, capsules et moteurs sur un unique site dans la banlieue de Los Angeles et a basé la conception de ses produits sur des technologies anciennes et éprouvées. Elle affiche ainsi des prix inférieurs de 30 à 50% à ceux du marché en visant les effets d'échelle et la robustesse plus que l'optimisation de son offre.

 

On notera toutefois que les tarifs de SpaceX sont en augmentation constante depuis plusieurs années (+10% en deux ans), tandis que son manifeste glisse irrémédiablement, illustrant les difficultés de montée en puissance du système.

 

Alors que le prochain vol d'Ariane 5ECA a été reporté à septembre à la suite d'un problème sur l'un des deux satellites prévus - illustrant les limites du lancement double sur un marché restreint - SpaceX accumule plus d'un mois et demi de retard sur son prochain vol - désormais repoussé au 20 juin au plus tôt - en raison de problèmes techniques sur son lanceur et sur la charge utile.

Vue éclatée d'Ariane 6 faisant apparaître les principaux éléments du lanceur.
Vue éclatée d'Ariane 6 faisant apparaître les principaux éléments du lanceur. © Cnes
Vue éclatée d'Ariane 6 faisant apparaître les principaux éléments du lanceur.
Réunion des responsables de la filière Ariane à l'Elysée le 16 juin 2014
Réunion des responsables de la filière Ariane à l'Elysée le 16 juin 2014 © MESR
Réunion des responsables de la filière Ariane à l'Elysée le 16 juin 2014

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