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Airbus contraint de réduire ses effectifs mondiaux de 15 000 postes
Airbus contraint de réduire ses effectifs mondiaux de 15 000 postes
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| Yann Cochennec

Airbus contraint de réduire ses effectifs mondiaux de 15 000 postes

Face à l'ampleur de la crise créée par la pandémie de coronavirus, Airbus est contraint de réduire ses effectifs de 15 000 postes dont 5 000 en France et 5 100 en Allemagne, en incluant les filiales Stelia et Premium Aerotec.

15 000 réductions de postes

Airbus aura réussi à tenir la ligne pendant quatre mois. Mais, l'ampleur de la crise créée par la pandémie de coronavirus ou covid-19 contraint le constructeur européen à passer à une nouvelle étape : celle de redimensionner son activité dans le segment des avions commerciaux et adapter ses effectifs mondiaux. Avec à la clef, une réduction d'environ 15 000 postes, "au plus tard à l'été 2021". L'Allemagne et la France sont logiquement les plus touchées avec respectivement 5 100 et 5 000 postes concernés. Suivent le Royaume-Uni (1 700), l'Espagne (900). Les autres sites d'Airbus dans le monde ont aussi leur part : 1 300 réductions de postes. Sont également concernées les filiales Stelia en France et Premium Aerotec en Allemagne, incluses dans les chiffres.

Pas de nouvelles réductions de cadences de production

Le président d'Airbus, Guillaume Faury, a bien l'intention de s'appuyer sur "toutes les mesures sociales disponibles, y compris les départs volontaires, les mesures de retraite anticipée, ainsi que le chômage partiel de longue durée pour les activités qui s’y prêtent". "Le processus d'information et de consultation avec les partenaires sociaux a débuté en vue de conclure des accords dont la mise en œuvre débutera à l'automne 2020". Les réductions de cadence de production annoncées en avril dernier restent pour l'instant inchangées mais des "adaptations mineures ne sont pas à exclure au cours de prochains en fonction de l'évolution de la demande".

Redimensionnement dans la durée

Une chose est sûre : Airbus installe son redimensionnement dans la durée car "le trafic aérien ne devrait pas renouer avec les niveaux d'avant covid-19 d'ici à 2023, voire 2025". Les trois derniers mois ont validé l'analyse de départ. D'où les mesures supplémentaires ajoutées ce mardi 30 juin. "Les mesures prises jusqu'à présent ayant permis d'absorber le choc initial". Mesures prises par Airbus mais aussi celles décidées par les gouvernements français et allemand, notamment en matière de chômage partiel. D'ailleurs, le président d'Airbus n'a pas manqué de remercier "nos partenaires gouvernementaux qui nous aident à préserver autant que possible notre expertise et notre savoir-faire, et qui ont joué un rôle important pour limiter l'impact social de cette crise dans notre industrie. Ce sont les compétences et les aptitudes des équipes Airbus qui nous permettront d’être les pionniers d’une industrie aéronautique et spatiale durable."

La Région Occitanie s'organise

Face aux annonces d'Airbus, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie n'a pas manqué de réagir. « Au-delà du groupe Airbus et ses salariés, c'est surtout la filière dans son ensemble et la chaîne de sous-traitance qu'il faut accompagner. Nous devons les aider à tenir le choc des prochains mois à venir mais aussi envisager avec eux et dans les plus brefs délais les conditions de la reprise et de la relance pour développer une stratégie industrielle audacieuse autour de l'avion vert. Nous serons ainsi prêts pour ne pas perdre les marchés mais aussi les compétences qui font notre force industrielle", a-t-elle déclaré. 

Et de poursuivre : " je présenterai ce vendredi le plan de relance régional pour la filière aéronautique et spatial élaboré avec les acteurs de la filière et le préfet de Région présentera le plan national qui sera décliné en région. Notre plan, d'un montant de près de 100 M€ qui s'ajoutent aux 200 M€ du Plan ADER 4, vise à répondre à l'urgence mais aussi à consolider la filière selon un modèle plus résilient, plus juste, plus solidaire et plus respectueux de l'environnement. Nous miserons sur 3 piliers pour relever la filière et préparer l'avenir. Cela passera par la préservation des compétences et des emplois au sein des PME/ETI des territoires en mobilisant l'ensemble des outils de formation auxquels les salariés et demandeurs d'emploi ont droit". 

"Nous accompagnerons également la production, la diversification et l'innovation pour que le berceau de l'avion vert soit en Occitanie. Enfin, nous mettrons en place de nouveaux outils financiers, en fonds propres notamment, pour renforcer la capacité industrielle des entreprises et des emplois. Nous faisons face à une crise, nous allons nous battre comme nous avons déjà su le faire et sauver notre fleuron économique régional», conclut la présidente de la Région Occitanie.

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