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Aviation Civile
Air France : le SNPL et la direction à la table des négociations
Air France : le SNPL et la direction à la table des négociations
© Air France

| Léo Barnier

Air France : le SNPL et la direction à la table des négociations

Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Il faut espérer que ce dicton populaire puisse s'appliquer chez Air France, pour le bien de la compagnie et de ses salariés. Direction et syndicats de pilotes (SNPL et Spaf) ont accepté de se remettre à la table des négociations ce vendredi 9 octobre, malgré l'échec cinglant de la précédente session fin septembre. Au vu de ses déclarations en début de semaine, Frédéric Gagey, P-DG d'Air France, prône la politique de la main tendue. De son côté, le bureau exécutif du SNPL Air France Alpa s'est vu confier un mandat qui engage à la négociation. Sans compter que la tournure des évènements durant la semaine qui s'achève ne lui laissait pas beaucoup d'autres options.

Le mandat du SNPL se décompose en trois volets. Tout d'abord le maintien de l'emploi, ce qui impliquerait d'annuler les 300 suppressions de postes de pilotes décidées par la direction dans le cadre de son « plan B » (qui entérine aussi la destruction de 1900 emplois de personnels au sol et 700 de personnels navigants commerciaux).

Le deuxième point est sans doute le plus représentatif de la volonté du SNPL de trouver un accord. Il porte sur «  l'amélioration de l'efficacité économique de la compagnie au travers des efforts des pilotes  ».

Les choses ne sont pas gagnées pour autant. Jusqu'ici la direction demande des gains de productivité de l'ordre de 17 %, soit une centaine d'heures de vol de plus par an à salaire équivalent. Le SNPL avait fait de son côté des propositions calées sur l'accord trouvé entre les pilotes et la direction de KLM, la compagnie-soeur d'Air France. L'effort consenti y est de l'ordre de 4 %.

Enfin le SNPL entend mettre l'Etat devant ses responsabilités en appelant à « la mise en place d'un environnement économique équitable  ». Ses griefs portent notamment sur la validation par le gouvernement de la hausse des redevances chez Aéroports de Paris (ADP), la taxe de solidarité sur les billets d'avion, dite «  taxe Chirac  », et l'accord de droits de trafic aux compagnies du Golfe. Le syndicat demande aussi l'application des mesures du rapport Le Roux.

Pour l'instant le gouvernement tend plutôt à rester en dehors du conflit, à l'image du Premier ministre Manuel Valls qui rappelait mardi 6 octobre, qu'Air France est une entreprise privée. Il faut néanmoins rappeler que l'Etat Français est actionnaire à hauteur de 17 % d'Air France-KLM.

Si les problèmes sont encore nombreux, le lancement d'une nouvelle phase de discussions est incontestablement un progrès. Il y a deux jours encore, personne ne savait quand le dialogue allait (re)démarrer. Les choses sont donc allées plus vite que prévu, preuve que tout le monde à intérêt à trouver un terrain d'entente.

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