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Industrie

| Théo Pirard (¦ Théo Pirard)

A l'heure du New Space, de la COP21 et de Mars

POLITIQUE SPATIALE FRANçAISE A L'OCCASION D'UNE CONFÉRENCE DE PRESSE DE MI-ANNÉE DONNÉE AU SIÈGE DU CNES LE 8 JUILLET, SON PRÉSIDENT JEAN-YVES LE GALL A FAIT UN POINT SUR L'ACTUALITÉ SPATIALE .

D 'emblée, Jean-Yves Le Gall annonce la couleur concernant ce qui marque le spatial français pour la première moitié de 2016 :« Nous sommes dans un environnement qui n'a jamais évolué aussi vite. »Au sein de l'Europe,avec l'ESA qui prépare son Conseil ministériel de décembre, et avec la Commission européenne en train de définir pour octobre la stratégie de l'Union pour l'espace, la France doit relever trois enjeux structurants : le New Space, qui stimule l'innovation,le climat global pour le suivi duquel la COP21 mise sur les satellites, et l'exploration spatiale qui tire parti de la miniaturisation des systèmes et de la baisse des coûts.

PROPhéTIE. Dans son éditorial du « Cnesmag » n° 69,consacré au thème de Mars, la nouvelle frontière, Jean-Yves Le Gall ose lancer cette surprenante « prophétie » : « Envisagée il y a encore six mois pour 2040-2050,la mission habitée vers Mars se rapproche à une vitesse vertigineuse, puisque ses promoteurs nous parlent à présent de 2030, voire de 2025 ! La raison ? Les bénéfices apportés par la spectaculaire diminution du coût des satellites et des lancements,rendue possible par la multiplication des projets et l'augmentation des cadences. » La prochaine décennie va être marquée par l'arrivée de robots autour de Mars (dont une sonde des Emirats arabes) et sur son sol (dont l'astromobile européenne d'ExoMars 2020). Mais les prochaines fenêtres martiennes intéressent Elon Musk et sa société SpaceX. En 2018, une capsule Red Dragon,avec des expériences de la Nasa, doit être lancée ; elle doit se poser sur Mars en 2019… pour les 50 ans des premiers pas de l'homme sur la Lune avec Apollo 11.Le président du Cnes y voit un bel effort de l'entreprise privée pour mettre la planète rouge à la portée desTerriens.

ARIANE 6. Par ailleurs, Jean-Yves Le Gall s'est dit confiant dans un premier vol fin 2020 du lanceurAriane 6 de nouvelle génération et sur une décision européenne pour participer à la Station spatiale internationale jusqu'en 2024. Il a confirmé l'intérêt du Cnes pour la technologie d'étage réutilisable avec le projet du démonstrateur Callisto avec le propulseur méthane-oxygène liquide Prometheus : des négociations étaient en cours avec le DLR allemand et l'ASI italienne pour en faire un programme jusqu'en 2020, avec un budget de 125 M€. Il est revenu sur deux décisions majeures qui ont été prises le 7 juillet par le conseil d'administration du Cnes : • l'engagement définitif du programme Swot (SurfaceWater and OceanTopography) en partenariat avec le JPL (Jet Propulsion Laboratory) et la Nasa;le Cnes a décidé d'investir 200 M€. Il s'agit d'un satellite de quelques 2 tonnes qui, prévu pour un lancement en 2023, scrutera les eaux du globe avec Karin, un altimètre-interféromètre radar en bande Ka pour comprendre la dynamique globale des eaux: ses deux antennes disposées aux extrêmités d'un mât de 10 m permettront une couverture globale, en continu, à très haute résolution et avec une fauchée de 120 km, des océans, mers, lacs, fleuves, rivières, réserves d'eau… • la sélection, après un appel d'offres européen lancé en février dernier, d'Eclair6, groupement emmené par Eiffage,pour réaliser le lot Infrastructures du futur ensemble de lancement d'Ariane 6, ELA 4.Le contrat marque le démarrage immédiat des travaux, et prévoit la livraison de l'ouvrage en octobre 2018. ¦ Théo Pirard

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