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Zones d'ombre pour la LPM 2019-2025

Un premier drone MALE RPAS devrait être opérationnel d'ici 2025. © Ministère des Armées

Actuellement à l'étude au Sénat, la loi de programmation militaire 2019-2025 ne fait pas l'unanimité auprès de tous les sénateurs. Si l'effort général visant à augmenter les budgets est salué, certaines dispositions restent critiquées.

Du mardi 22 mai au jeudi 24, la LPM 2019-2025 portée par la Ministre des Armées, Florence Parly, est à l'étude au Sénat. Les dispositions générales sont discutées et chaque article étudié, en vue d'une adoption du texte.

Mardi 22 mai, en ce premier jour d'examen du texte, Florence Parly a ouvert la séance en rappelant le contexte dans lequel a été réalisé ce projet de LPM. Basée sur les conclusions de la revue stratégique conduite par Arnaud Danjean, la ministre a rappelé que la loi de programmation militaire doit permettre à la France d'avoir « une défense forte, solide, moderne face à des menaces violentes, diffuses, mouvantes et à des ennemis indéterminés ». Dans ce cadre, et face à l'objectif affiché d'allouer 2% du PIB à la défense d'ici 2025, les budgets des armées ont été revus à la hausse.

Cet effort, représentant « 295 Md€ consacrés à la défense sur la durée de la programmation dont 198 Md€ investis entre 2019 et 2023 », a été salué par les sénateurs. Cependant, pour une partie d'entre eux cette remontée en puissance ne va pas assez loin. Nombreux sont ceux ayant dénoncé un problème de calendrier.

Christian Cambon, président et rapporteur de la Commission des Affaires Etrangères, a ainsi dénoncé des ambitions lointaines et des objectifs allant souvent au-delà du quinquennat en cours. « Certaines lacunes capacitaires ne seront pas résolues en fin de programmation […] 80 hélicoptères Gazelle des années 70 seront prolongés. […] Le risque de sur-engagement existe toujours », a-t-il ainsi déclaré. Ses propos ont été corroborés par ceux de Dominique de Legge, rapporteur pour avis de la Commission des Finances. Il a reproché au projet de LPM que « le gros de l'effort est en réalité reporté au prochain quinquennat, avec des dépenses de plus de 3 Md€ par an à partir de 2023 », soit l'année des prochaines élections présidentielles. Or un changement de majorité pourrait venir contrecarrer ces plans en fonction de l'ancrage politique du prochain président de la République.

Ce problème de calendrier est également mis en lumière par Gérard Poadja, sénateur de la Nouvelle-Calédonie (groupe Union Centriste). Il rappelle le décalage existant entre l'Outre-Mer et la métropole notamment au niveau des conditions de vie des militaires. Le sénateur pointe également du doigt l'enjeu des patrouilleurs pour ces départements français, exposés à des risques maritimes importants. « Ce projet de loi prévoit la livraison en 2025 de six patrouilleurs dans les Outre-Mer. Je m'en félicite mais les deux patrouilleurs actuellement déployés en Nouvelle-Calédonie seront retirés du service actif en 2020, alors que les successeurs seront livrés en 2021-2022 ». Il existe donc un trou de deux ans où la question de la protection des territoires d'Outre-Mer se pose. Point sur lequel la Ministre des Armées est revenue : « je ne sais s'il sera possible d'aller plus vite, mais les besoins de l'outre-mer sont pris en compte, avec une attention prioritaire aux territoires les plus éloignés, Nouvelle-Calédonie et Polynésie française ».

Le même constat est fait pour les drones par Raymond Vall, sénateur du Gers. Le représentant du groupe du Rassemblement démocratique et social européen salue la décision prise l'été dernier d'armer les drones français. Il rappelle ainsi que nos ennemis directs en sont dotés et que des drones armés ont été employés à plusieurs reprises à Mossoul. Cependant, il insiste sur le fait que les premiers drones armés MALE ne seront remis à la France qu'en 2025. Soit sept années durant lesquelles la France devra faire face à un retard stratégique.

Le Front national a de son côté dénoncé une LPM timide et « un alignement aveugle sur les positions des Etats-Unis ». Enfin Christine Prunaud, du groupe communiste républicain citoyen et écologiste, a déclaré être opposée au renforcement de la France auprès de l'OTAN et déplore « le renforcement de l'arme nucléaire au-delà de sa dissuasion ».

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