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Un concurrent de Vega pointe le bout de sa coiffe

Le projet Tsiklone-4. © KB Youzhnoïe

Le projet ukrainien Tsiklone-4M vient de trouver un port d’attache au Canada, d’où il pourrait devenir un sérieux concurrent pour le lanceur léger européen Vega.

L’héritage des Tsiklone.

Les lanceurs Tsiklone-2 et Tsiklone-3, exploités de 1967 à 2009, étaient dérivés du missile soviétique R-36. Hautement automatisés et fonctionnant avec des ergols stockables toxiques, ils servaient principalement à mettre sur orbite les satellites militaires IS, US et Tselina, dédiés respectivement à des missions de défense antisatellite, de surveillance océanique et de renseignement électromagnétique.

Après la dissolution de l’URSS, ces lanceurs sont devenus la propriété de l’Etat ukrainien, et ont cessé d’être exploités. Le KB Youzhnoïe qui les produisait a tenté pendant près d’une décennie d’implanter une version dérivée, le Tsiklone-4, sur la base brésilienne d’Alcantara, mais le projet a été abandonné en 2015.

C’est une version entièrement repensée baptisée Tsiklone-4M, qui ne garde de ses prédécesseurs que leur nom, qui est au cœur d’un nouveau projet basé au Canada.

Le nouveau lanceur sera doté d’un premier étage motorisé par quatre RD-120 hérités du lanceur Zenit, ce qui permettra de s’affranchir des ergols toxiques et de basculer sur le couple kérosène-LOX, nettement moins impactant pour l’environnement. Chacun de ces moteurs développe une poussée d’environ 80 tonnes-force, et serait monté sur cardan afin de pouvoir contrôler leur orientation. De conception russe, il était produit en série en Ukraine. Le second étage du Tsiklone-4M sera doté du moteur RD-861K, développé initialement pour le projet brésilien et utilisant des ergols toxiques.

 

Un pas de tir canadien, mais un investisseur américain.

Déjà en septembre 2016, l’industriel ukrainien KB Youzhnoïe avait annoncé que son agence mère, la NKAU, l’avait autorisé à entamer des négociations en vue de l’établissement d’un pas de tir en Amérique du Nord pour son projet Tsiklone-4.

L’agence Maritime Launch Services Ltd. a été officiellement créée le 14 mars 2017 à Halifax, afin d’assurer la gouvernance du programme, et la commercialisation du futur lanceur. Celui-ci décollera d’un pas de tir construit dans la municipalité de Guysborough, en Nouvelle-Ecosse. Le site a été choisi notamment pour sa faible densité de population.

Le financement initial du projet est fourni par l’investisseur californien United Paradyne Corporation (UPC), qui a déjà travaillé au centre spatial Kennedy de la Nasa. Les autres partenaires financiers n’ont pas souhaité s’identifier, mais on sait que la province de Nouvelle-Ecosse s’intéresse au projet, du fait des retombées positives qu’il apporterait.

 

Objectif SSO.

Avec une capacité de 3 350 kg en orbite héliosynchrone (SSO), le Tsiklone-4M serait dans la même gamme que le Vega C actuellement en développement sur le Vieux Continent. Le prix visé pour un lancement avoisinerait les 45 M$.

Un premier vol est envisagé pour 2020, et une cadence annuelle de huit tirs est prévue pour l’horizon 2022. A condition de remplir le carnet de commandes, évidemment.

 

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