Logo Air & Cosmos

1er site francophone d'actualité aéronautique et spatiale

Actualité Défense

Quel missile nucléaire français pour 2035 ?

Mars - Onera © MBDA

Le sujet est sensible, et la moindre divulgation d'informations suscite généralement l'ire de la Direction générale de l'armement (DGA). Pourtant, un récent rapport de la commission de Défense du Sénat consacré à l'avenir des forces nucléaires françaises livre quelques éléments officiels quant aux études en cours pour remplacer le missile à statoréacteur ASMP-A, développé par MBDA et emporté par les Mirage 2000N et Rafale B des Forces aériennes stratégiques (FAS), ainsi que les Rafale M de la force aéronavale nucléaire (FANu).

Le document précise que deux axes de recherche sont poursuivis parallèlement par l'Onera et MBDA. Le premier est "un missile à statoréacteur qui multiplierait par deux la performance actuelle de l'ASMP-A", et qui est actuellement étudié au titre d'un PEA baptisé Camosis. Le document ajoute que ce projet capitalise sur les travaux déjà menés par l'Onera au titre du programme de recherche Mars. Ce dernier portait sur l'étude d'une cellule dite "lenticulaire", dotée d'un statoréacteur Mach 4/5 alimenté par un carburant à haute densité au bore, et qui devait permettre d'augmenter la vitesse de croisière et l'altitude maximale de l'engin par rapport à un missile de classe ASMP.

Vue d'artiste du concept Mars, issue d'une présentation de l'Onera

 

 

L'autre piste de recherche, rapportent les sénateurs, concerne un missile à super statoréacteur hypervéloce, étudié au titre du PEA Promethée, "avec des essais en vol du démonstrateur LEA en 2014-2015", ajoutent les parlementaires. Ce projet permettrait de multiplier par quatre la performance actuelle de l'ASMP-A, avec une vitesse maximale d'environ Mach 7 ou Mach 8.

 

Ces deux programmes de recherche sont pilotés à la DGA par l'unité de management Horus, en charge des projets de missiles air-sol nucléaires, des "transports spéciaux" mais aussi des communications stratégiques. A ce titre, le rapport du Sénat révèle également que l'actuel système Syderec (Système Dernier Recours), récemment relocalisé à Avord, devra être remplacé à l'horizon 2020.

 

Les sénateurs ajoutent que, afin de garantir la cohérence globale du dispositif de dissuasion français, l'architecture du successeur de l'ASMP-A devrait être décidée en 2016, pour une possible mise en service à l'horizon 2035. A ce jour, environ 10% des études amont dans le domaine du nucléaire sont consacrés aux missiles air-sol, contre 40% environ pour les missiles balistiques, et autant pour les SNLE et la propulsion nucléaire.
 

Commentaires

Réagir

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.