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Premier échec du Falcon 9

Le lanceur Falcon 9 porteur de la capsule Dragon SpX-7 © Nasa

SpaceX vient d'enregistrer son premier revers technique dans l'exploitation de sa gamme de lanceurs Falcon 9 avec l'échec de son dix-huitième vol, porteur de la capsule de ravitaillement Dragon SpX-7.

Le lancement a eu lieu depuis le complexe SLC-40 de Cape Canaveral le 28 juin à 14h21 TU. Environ 139 secondes après un décollage nominal, une anomalie a été détectée au niveau du second étage. Selon les premières informations divulguées par Elon Musk, qu'il a qualifiées de « contre-intuitives », une surpression serait apparue dans le réservoir d'oxygène liquide.

Sur les images du vol, le lanceur semble soudainement environné d'un nuage qui s'enflamme en deux secondes, avec perte de débris, puis s'éteint immédiatement. Le lanceur, toujours entouré de ce nuage, est englouti par une violente explosion à 146 secondes.

Le lanceur a été détruit sans intervention du sol à près de 45 km d'altitude, alors qu'il avait atteint la vitesse de 4 700 km/h.

Une commission d'enquête a été immédiatement mise en place par SpaceX, sous la direction de Hans Koenigsmann, son directeur de la qualité, en coordination avec la FAA.

Cet échec est le premier que doit gérer SpaceX depuis le triple échec initial de son petit lanceur Falcon 1 en 2006, 2007 et 2008.

Il intervient à une période critique pour le ravitaillement de la Station spatiale internationale après la perte des cargos Cygnus Orb-3 en octobre 2014 et Progress M-27M en avril.

Toutefois, la mission de l'équipage à bord du complexe orbital n'est pas mise en péril car il dispose encore de consommables pour tenir jusqu'à début septembre.

La capsule Dragon SpX-7 emportait 1 950 kg de ravitaillement, expériences et pièces de rechanges (dont un scaphandre spatial EMU). Transportée dans la soute arrière, la charge utile principal était le premier adaptateur d'amarrage IDA (International Docking Adapter) développé par Boeing pour l'accueil des futures capsules habitées commerciales Dragon V2 et CST-100.

Huit satellites de la constellation de PlanetLabs (Flock 1F) étaient également à bord.

Les ravitaillements devraient reprendre rapidement avec le retour en vol du Progress le 3 juillet pour la mission Progress M-28M. Il sera suivi le 17 août par le cargo japonais HTV-5.

Le cargo Cygnus d'Orbital reprendra pour sa part ses rotations en décembre, avec un lancement sur Atlas 5, suivi d'une reprise des vols du lanceur Antares remotorisé au printemps 2016.

La Nasa doit sélectionner en septembre des fournisseurs pour la poursuite des ravitaillements de l'ISS au delà de 2017 dans le cadre du contrat CRS (Commercial Resupply Service). SpaceX et Orbital sont sur les rangs.

Sur ce vol, SpaceX comptait également effectuer une nouvelle tentative de récupération du premier étage de son lanceur et avait à cette fin déployé au large une nouvelle barge, baptisée « Of course I still love you », une nouvelle fois en référence à un roman de l'auteur de sciende-fiction Ian M. Banks.

Les progrès enregistrés lors des deux tentatives de récupération précédentes, le 10 janvier et le 14 avril, faisaient de ce troisième essai un événement très attendu.

Après cet échec, les vols de Falcon 9 pourraient être interrompus pendant plusieurs mois, estime Gwynne Shotwell, directeur général de SpaceX. Le prochain lancement devait permettre d'inaugurer une version plus puissante de 30%, le Falcon 9 v1.2, avec le satellite géostationnaire commercial SES-9. Parmi les lancements suivants on notera aussi le satellite d'altimétrie océanique franco-euro-américain Jason 3, qui doit faire la jonction entre l'actuel Jason 2 – lancé en juin 2008 – et les futurs Jason CS/Sentinel 6 en 2020.

Ces nouveaux retards vont compliquer la gestion d'un manifeste déjà très chargé pour SpaceX et mettent en évidence l'actuelle fragilité de l'offre basée sur un duopole Arianespace/SpaceX tant que le Proton d'ILS, victime d'un échec le 16 mai, n'est pas revenu en vol.

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