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Mobilisation autour de la Grande éclipse

L'éclipse de mai 2012 vue depuis l'ISS. © Don Pettit/NASA

Les Etats-Unis s’apprêtent à vivre leur première éclipse totale de Soleil du siècle ce lundi 21 août. Le phénomène sera visible d’une côte à l’autre du pays, mais aussi par des avions, des ballons et plusieurs observatoires spatiaux.

Excepté celle visible depuis Hawaï le 11 juillet 1991, les Américains n’avaient pas connu d’éclipse totale de Soleil (quand la Lune vient cacher le Soleil pendant quelques minutes en plein jour) depuis le 26 février 1979 –les Français depuis le 11 août 1999. Le phénomène n’avait concerné que la pointe ouest de l'Amérique du Nord, et il faut remonter au 8 juin 1918 pour retrouver la précédente éclipse totale à avoir survolé les Etats-Unis d'ouest en est, depuis l'état de Washington jusqu'en Floride.

Onzième phénomène du genre depuis le 21 juin 2001 (à l’époque au-dessus de l'Océan Atlantique Sud, de certains pays du sud de l'Afrique, de Madagascar et de l'océan Indien), « The Great Eclipse » (la grande éclipse) doit débuter ce lundi 21 août à 17h16 UTC au-dessus de la côte de l’Oregon, au nord-ouest de la côte Pacifique. Visible sur une bande de 133 km de large, elle suivra une trajectoire diagonale qui la mènera jusqu’en Caroline du Sud, au sud-est de la côte Atlantique, à 18h48. Elle aura ainsi traversé 14 Etats américains. La plus longue durée de l'éclipse totale sera de 2 minutes et 40 secondes, au nord-ouest Hopkinsville, dans le Kentucky.

L'éclipse partielle, elle, pourrait être aperçue jusqu’au Canada au nord et au Brésil au sud (ainsi qu'en Guyane), si les conditions météorologiques le permettent. On pourrait même l'observer en partie dans l'ouest de la France et du Royaume-Uni, au coucher du Soleil (vers 20h30 heure locale en Bretagne, où le Soleil sera seulement couvert à 3%).

 

Des millions d’observateurs terrestres... et quelques extraterrestres.

On estime à plus de 7 millions le nombre de personnes qui vont effectuer le déplacement sur la ligne de totalité de l’éclipse. Des touristes du monde entier sont d’ores et déjà à pied d’œuvre, ainsi que des scientifiques. La Nasa et plusieurs universités américaines ont ainsi mobilisé pas moins de 11 avions d’observation et 50 ballons stratosphériques répartis le long de la zone de totalité. Plusieurs satellites de météorologie ou observatoires spatiaux seront également mis à profit, tels que l’observatoire solaire Soho (positionné à environ 1,5 millions de kilomètres de la Terre depuis début 1996) ou le démonstrateur technologique Proba-2 (sur orbite héliosynchrone à 720 km d’altitude depuis novembre 2009), tous deux de l’Agence spatiale européenne.

Durant l’éclipse, la Station spatiale internationale qui, à 400 km d’altitude, sur une orbite inclinée de 51,6° et à la vitesse de 28 000 km/h, boucle un tour complet du globe terrestre en 90 minutes, va passer à trois reprises à proximité de l’ombre de la Lune, donc seulement dans la pénombre. Les membres de l’Expedition 52 profiteront au maximum de 84% de la totalité de l’éclipse lors du dernier passage. Ils tenteront malgré tout des prises de vues du Soleil en partie caché, ainsi que de l’ombre de la Lune sur la Terre, comme leurs prédécesseurs lors des éclipses du 20 mars 2015 (Expedition 43, avec l’Italienne Samantha Cristoforetti), 20 mai 2012 (Expediton 31), 29 mars 2006 (Expedition 12) et 4 décembre 2002 (Expedition 6) –sans oublier celle du 11 août 1999 depuis la station Mir (mission Perseus). Le Français Jean-Pierre Haigneré avait alors décrit le spectacle de l'ombre projetée sur les nuages qui recouvraient alors l'Europe comme un doigt souillé sur une robe blanche : « Je ne saurais mieux décrire cette impression étrange qu’en disant que cette tache paraissait incongrue, tant son absence d’esthétisme tranchait avec nos visions habituelles de la Terre. Incongrue comme la trace qu’un doigt souillé de cambouis aurait laissée sur la robe d’une jolie dame, au niveau de ses rondeurs. Une robe dessinée, disons, par Christian Lacroix, la magnifique trame des nuages ce jour-là rappelle étrangement la richesse des broderies utilisées par le maître. » (Le Figaro, 17 août 1999).

 

Pas d’éclipse en France avant 2081.

La prochaine éclipse totale de Soleil visible en Amérique du Nord (la quinzième du siècle dans le monde) aura lieu le 8 avril 2024. Elle débutera au-dessus de l'océan Pacifique sud, passera par le nord du Mexique, le centre et l'est des Etats-Unis, le sud-est du Canada, avant de se terminer au nord de l'océan Atlantique. La plus longue durée de l'éclipse, de 4 minutes et 28 secondes, interviendra au-dessus de l'état de Durango, au Mexique.

Auparavant, deux éclipses totales de Soleil interviendront en Amérique du Sud, le 2 juillet 2019 (avec un maximum de 4 minutes et 32 secondes au-dessus du Pacifique Sud) et le 14 décembre 2020 (2 minutes et 10 secondes en Patagonie), puis le 14 décembre 2021 en Antarctique occidental (1 minute et 54 secondes). L’Espagne profitera de la seizième éclipse totale de Soleil du siècle le 12 août 2026 (2 minutes et 28 secondes dans l’Atlantique Nord), puis l’Egypte accueillera le 2 août 2027 l’une des plus longues occultations solaires (6 minutes et 22 secondes !), avant l’Australie le 22 juillet 2028 (5 minutes et 9 secondes).

En France, il faudra patienter jusqu’au 3 septembre… 2081 pour apercevoir la première éclipse totale depuis 1999, d’une durée de 5 minutes et 33 secondes. Elle se tiendra au petit matin, de la Bretagne et la Normandie jusqu'en Bourgogne-Franche-Comté et en Alsace. Entre temps, le 12 août 2045, la Guyane aura connu le même phénomène, durant 6 minutes et 6 secondes.

Au total, le XXIe siècle comptera 224 éclipses solaires : 77 partielles, 72 annulaires, 68 totales et 7 hybrides.

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