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MCO : Le MINARM veut inverser la tendance

Le taux de disponibilité des C-160 n'était que de 30% en 2017. © Emmanuel Huberdeau

La ministre des armées, Florence Parly, a présenté un plan pour améliorer la disponibilité des aéronefs militaires. Une nouvelle gouvernance sera mise en place et la coordination entre militaires et industriels devra être améliorée.

C'est sous une pluie bâtante que la ministre des armées est venue sur la base aérienne 105 d'Evreux evoquer un sujet grave, le maintien en condition opérationnel (MCO) des aéronefs militaires.

Florence Parly a rappelé la situation plus que délicate des avions et hélicoptères des armées françaises. Le taux de disponibilité moyen de l'ensemble de la flotte est inférieur à 50%. Plus de la moitié des aéronefs militaires sont en permanence indisponibles. Pour certaines flottes la situation est pire encore. A l'image des C-160 Transall basés à Evreux et dont le taux de disponibilité a été de 30% en 2017. Une situation que la ministre des armées juge inacceptable : "Souffrir de ses propres avaries, c'est inadmissible".

Pour Florence Parly, ni le personnel militaire, ni les moyens financiers ne sont en cause. Alors même que les sommes allouées au MCO ont augmenté de 25% en cinq ans, les coûts à l'heure de vol n'ont fait qu'augmenter. La disponibilité, elle, a continuer à baisser (Elle était de 55% en 2000). Cette situation n'est plus tenable estime la ministre. En particulier dans une période de fort engagement en opération : "Augmenter la disponibilité est la seule voie possible pour accroitre nos capacités".

A la suite d'un audit stratégique indépendant qui avait été lancé en septembre 2017, Florence Parly a donc décidé de s'engager personnellement afin d'inverser la tendance. Au sein du ministère on évoque la possibilité, à budget égal, d'accroitre de 30% les chiffres de la disponibilités des aéronefs militaires. 

La ministre a annoncé deux axes de réformes. Le premier concerne la gouvernance. Florence Parly estime que la SIMMAD (structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques du ministère de la Défense) est en charge d'un périmètre d'action trop large. Cette structure prend trop de décisions de trop bas niveau dans trop de domaines. A partir de mars 2018, la SIMMAD sera donc remplacée par la  direction de la maintenance aéronautique (DMAé). Celle-ci sera placée directement sous la responsabilité du chef d'état major des armées (CEMA) qui sera chargé de définir les besoins et les moyens en terme de MCO. L'action de la DMAé se concentrera en particulier dans le domaine contractuel. Elle devra passer avec l'industrie des contrats de soutien de longue durée et globaux confiés à un maitre d'oeuvre unique. Il faudra éviter la multiplication des contrats. A l'image du MCO de l'hélicoptère Tigre qui repose actuellement sur 30 contrats.

Le deuxième axe concerne la coordination avec l'Industrie. Les contrats de MCO seront confiés à un maitre d'oeuvre industriel unique. Le systèmes des guichets, une présence des industriels sur les bases facilitant la logistique, sera généralisé. Tout comme les plateaux réunissants ingénieurs civils et militaires. 

En 2018, le ministère des armées tranchera également sur le statut du Service Industriel Aéronautique (SIAé). La ministre semble cependant en faveur du maintien du statut public de cette institution qui permet de conserver des compétences rares au sein des armées et d'éviter les monopoles des industriels privés.  

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