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MarCO A et B, les compagnons de la sonde Mars InSight

Le premier cliché de Mars réalisé par un cubesat. © NASA / JPL-Caltech

La sonde américaine InSight est en route pour la planète rouge. Ce que l’on sait moins – car peu de médias en parlent –, c’est qu’elle est accompagnée de deux cubesats : MarCO A et B.

Deux nano-satellites MarCO (pour Mars Cube One), nommés MarCO A (surnommé Eve) et MarCO B (alias Wall-E), accompagnent la sonde franco-américaine InSight vers la planète Mars depuis le 5 mai dernier. Fixés à la base de l'étage supérieur Centaur du lanceur Atlas 5 401 lors du décollage effectué depuis la base de Vandenberg (Californie) – côté moteur et donc à l'opposé de la coiffe recouvrant InSight –, ils ont été libérés peu après l’extinction du Centaur, une fois la sonde elle-même larguée. Les deux nano-satellites de type cubesat 6U ont alors débuté leur transit vers la planète rouge de manière autonome. Ils serviront à titre expérimental de relais de télécommunications entre la Terre et InSight durant la phase de descente (EDL) de celle-ci. Il s'agit des premiers satellites de cette taille utilisés dans le cadre d'une mission interplanétaire.

 

Caractéristiques techniques.

Les MarCO font 13,5 kg chacun et ont une forme de parallélépipède rectangle, dont les mensurations sont de 36,6 × 24,3 × 11,8 cm. Ils sont munis de deux panneaux solaires de 35 watts (30 × 30 cm), de quatre antennes, de batteries lithium-ion (utilisées durant la phase de retransmission des données pendant l’EDL), d’un émetteur/récepteur Iris fonctionnant en bande UHF (réception uniquement) et en bande X (émission/réception), et de deux petites caméras. Celles-ci filmeront le déploiement de deux des antennes et transmettront à la Terre les images, à une résolution de 752 x 480 pixels. Les MarCO sont stabilisés trois axes et utilisent un système de propulseurs à gaz froid (le même gaz qui est employé dans les extincteurs), fournissant une impulsion totale de 755 Newton/seconde. Equipés de quatre propulseurs pour le contrôle d'orientation et la désaturation des roues de réaction ainsi que de quatre propulseurs pour les corrections de trajectoire, les MarCO survoleront Mars lors de l’EDL de la sonde InSight ; puis poursuivront leur trajectoire autour du Soleil sans se mettre en orbite autour de la planète.

 

Mars vue par MarCO-B.

Les MarCOs poursuivent Mars, véritable cible mouvante alors qu'elle tourne autour du Soleil. Pour pouvoir survoler Mars, les cubesats devront encore parcourir près de 85 millions de kilomètres, alors qu’ils en ont déjà parcouru 399 millions. Durant cette course effrénée, le 3 octobre dernier, la toute première image de Mars a été prise par l’un des deux MarCO, au travers de sa caméra grand angle : une première dans l’exploration spatiale !

C’est précisément lors d’un test réalisé afin de régler les paramètres d’exposition de la caméra que la photographie a été prise, à 12,8 millions de kilomètres de distance. Autant dire que la planète rouge apparaît comme une grosse étoile orangée dans le ciel de l’engin, un petit rubis sans éclat. Notez par ailleurs, de chaque côté de l’image, des parties visibles de l’antenne à grand gain.

D’autres photographies suivront à mesure que les deux sondes se rapprocheront de Mars et jusqu’au 26 novembre prochain, date du survol de la planète et de l’arrivée d’InSight à la surface.

« Nous avons attendu six mois pour voir Mars, a déclaré Cody Colley, responsable de la mission des MarCO au JPL. La phase de croisière est toujours difficile, vous devez donc savourer toutes les petites victoires quand elles se présentent. Voir enfin la planète est définitivement une grande victoire pour l'équipe. »

 

Rendez-vous le 26 novembre.

Si vous souhaitez vivre en direct l’arrivée de la sonde InSight sur Mars et son survol par les MarCO, rendez-vous le 26 novembre à partir de 18 heures à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris, à la Cité de l’Espace à Toulouse ou sur le site du Cnes.

 

Gilles Dawidowicz est géographe, président de la commission de Planétologie de la Société astronomique de France. Après avoir décrypté 79 images de Thomas Pesquet durant toute la mission Proxima, il nous commente désormais les clichés les plus saisissants du système solaire, d'hier et d'aujourd'hui.

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