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Les enjeux de la dissuasion américaine

Lancement d'un missile Minuteman III lors d'un exercice. © Michael Peterson DoD

Le chef de l'United States Strategic Command a mis en avant, le 17 août dernier, les enjeux à venir pour la dissuasion américaine. La prolifération de menaces d'un nouveau genre et le vieillissement des matériels font partie de ses préoccupations.

« Une dissuasion stratégique commence avec des capacités nucléaires » a ainsi déclaré le commandant de l'US Strategic Command (StratCom). Jusqu'à maintenant les puissances nucléaires ont pouvé que détenir cette arme de destruction leur permettait de conserver un avantage sur leurs ennemis. Elle se place comme le premier élément d'une dissuasion efficace mais l'arme nucléaire en tant qu'atout militaire présente aujourd'hui des limites.

En effet, si pendant longtemps les arsenaux nucléaires étaient développés par les cinq membres du conseil de sécurité de l'ONU, la donne a changé. On assiste aujourd’hui à une prolifération des programmes nucléaires, comme c'est le cas en Iran, en Inde, en Corée... De nouvelles forces ont donc vu le jour ces dernières années, pouvant représenter une menace pour la sécurité internationale.

En parallèle, les guerres ont changé. Si elles se faisaient sur des champs de bataille au XXème siècle et voyaient s'affronter des Etats, aujourd'hui elles impliquent directement les civils et mettent en scène des groupes terroristes déterminés. De plus elles se passent sur tous les terrains, dans les airs, sur le sol, dans les mers, dans l'espace et sur internet.

Pour mener à bien la dissuasion américaine, le général de l'USAF, John E Hyten, établit trois priorités. La première, évidemment, consiste à établir une dissuasion efficace. Pouvant être insuffisante, la seconde consiste à pouvoir apporter une réponse de poids à un ennemi un peu trop agressif. Enfin, en fonction de l'escalade des tensions, il faut être capable de déployer « une force prête au combat », déclare-t-il.

De même, il faut être en mesure d'apporter une réponse multidimensionnelle. Le simple déploiement de têtes nucléaires ne suffit pas à établir une dissuasion efficace. « La vision du StartCom est d'intégrer toutes les capacités – nucléaire, spatial, cyber, défense anti-missiles, frappes, guerre électronique, renseignement, ciblage, analyse – afin qu'elles puissent amener une réponse globale si la nation est menacée », ajoute-t-il.

Au-delà d'éléments de dissuasions prenant en compte l'ensemble du spectre de menaces, le StartCom rappelle la nécessité de la modernisation des équipements. « Tous les éléments de la triade nucléaire – bombardiers, missiles balistiques intercontinentaux et sous-marins nucléaires – vont atteindre un point, d'ici 15 ans, au-delà duquel ils ne seront plus viables ». Or, il semblerait que les américains aient retardés la modernisation de leurs programmes nucléaires. Les remplacements du Minuteman et du sous-marins Ohio-class ont été fait juste à temps. Il devrait en être de même pour le B-2 qui sera remplacé par le B-21.

Enfin, le dernier enjeu de la dissuasion reste son étendue. Les Etats-Unis possèdent de nombreux alliés et doivent être capables de les protéger eux aussi contre toutes menaces. On pense notamment à la Corée du Sud et au Japon dans un contexte de tensions avec la Corée du Nord.

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