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Le satellite météorologique MetOp A fête ses 10 ans

Une longévité inattendue. © Airbus Defence and Space

MetOp A, le premier satellite européen placé sur orbite basse polaire, est en service depuis le 19 octobre 2006. Prévu pour fonctionner cinq ans, il a permis d'importantes avancées dans les prévisions météorologiques.

MetOp A (identifiant Cospar 2006-044A) est le premier élément de trois satellites météorologiques européens identiques, placés non pas sur orbite géostationnaire mais sur orbite basse. Ils peuvent ainsi fournir des observations plus détaillées, assorties de paramètres océaniques, terrestres et atmosphériques, mesurés par des instruments micro-ondes, qui ne peuvent pas être emportés sur une orbite plus distante. Ce large éventail de mesures globales s'avère essentiel pour les prévisions météo et la surveillance climatique.

La famille MetOp (Meteorological Operational) a été développée conjointement par l'Agence spatiale européenne et l'organisation européenne pour l'exploitation des satellites météorologiques Eumetsat. Sa construction a été confiée à Airbus Defence and Space (ex-Astrium). MetOp A a été lancé le 19 octobre 2006 par une fusée Soyouz-Fregat de Starsem depuis le cosmodrome de Baïkonour. Il a été suivi le 17 septembre 2012 par MetOp B, à nouveau sur Soyouz-Fregat et depuis Baïkonour. Le troisième et dernier exemplaire, MetOp C, devrait être lancé en 2018, toujours sur Soyouz-Fregat, mais depuis le Centre spatial guyanais.

Les satellites MetOp restent les satellites météorologiques les plus complexes au monde, équipés de douze instruments de mesures météorologiques ou d'alerte, dont trois réalisés sous la responsabilité d’Airbus Defence and Space. Parmi eux figurent des instruments infrarouges, micro-ondes et UV conçus pour relever les données telles que pression, humidité, températures et gaz à des altitudes variées de l’atmosphère terrestre, ainsi qu’un diffusiomètre destiné à mesurer la direction et la vitesse des vents.

D'une masse au décollage de 4 244 kg, MetOp A a été placé sur orbite polaire héliosynchrone quasi circulaire de 820 km, avec une inclinaison de 98,7° (période de 101,3 minutes). Il effectue 14 révolutions autour du globe par jour. Alors que sa durée de vie initiale était de cinq ans, il fête aujourd'hui sa première décennie, soit 52 000 tours de Terre, et surtout plus de 100 téraoctets de données météorologiques et climatiques transmises en permanence, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Des prévisions jusqu'à douze jours d'avance grâce à MetOp.

Les données détaillées de MetOp A, puis du duo MetOp A-MetOp B, ont permis d'améliorer jusqu’à douze jours d’avance les prévisions météorologiques. Les deux satellites évoluent sur la même orbite, à une demi-orbite d’écart, pour mieux observer les évolutions rapides de l’atmosphère. Ces données servent aux entreprises, aux agriculteurs et aux compagnies de sécurité et de sûreté, mais contribuent également à sauver des vies régulièrement et protéger les biens, des équipements de secours Argos et Cospas-Sarsat étant notamment installés à bord. Les experts estiment que la fiabilité des bulletins météorologiques pourrait permettre à l’Union européenne de réaliser un bénéfice annuel de près de 5 M€.

« Les satellites MetOp ont considérablement amélioré les prévisions météorologiques numériques, se réjouit Dieter Klaes, scientifique du programme MetOp au sein d’Eumetsat. A lui seul, MetOp A représente près d’un quart de toutes les données recueillies à des fins météorologiques, et 38 % des données recueillies par des plates-formes satellitaires. Les performances de la flotte MetOp en matière de mesure des gaz à l’état de trace et dans le domaine de la chimie atmosphérique (méthane, dioxyde de soufre, cendres volcaniques) ont dépassé toutes les attentes. La surveillance climatique et environnementale bénéficie également de ce programme à long terme, les trois satellites étant conçus pour fonctionner pendant plus de deux décennies ».

« Le succès de ce projet a valu à Airbus de se voir attribuer le développement du système MetOp de deuxième génération qui permettra à l’Europe de recevoir des données de haute qualité à partir de 2021 et pendant 25 ans », déclare pour sa part Michael Menking, directeur des programmes d’observation de la Terre, navigation et science (ENS) au sein d’Airbus Defence and Space.

Cette deuxième génération de satellites MetOp, baptisée MetOp-SG et actuellement en cours de développement, comptera six satellites organisés en paires, chacune équipée de différents instruments afin de fournir des informations météorologiques complémentaires. La série A (lancée à partir de 2021) sera équipée de sondeurs atmosphériques et d’imageurs optiques et infrarouges, tandis que la série B (à partir de 2022) se concentrera sur les capteurs micro-ondes.

 

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