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Le président du Cnes Jean-Yves Le Gall à l’Assemblée

Audition de J.-Y. Le Gall au Palais Bourbon © P.-F. Mouriaux / Air & Cosmos

Le 14 novembre, la Commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale accueillait Jean-Yves Le Gall, le président du Cnes.

Dans son discours introductif, Jean-Yves Le Gall a dressé pour les quelques 35 députés présents, un panorama des activités spatiales à travers le monde, actuellement marquées selon lui par une grande « transformation », et confrontées à plusieurs « défis ».

Le président du Cnes (en poste depuis avril 2013) a d’abord rappelé que cette fin d’année était placée « sous les meilleurs auspices » pour la France et l’Europe, entre le 100e lancement d’Ariane 5, l’atterrissage de la sonde franco-allemande Mascot sur l’astéroïde Ryugu, l’envoi vers Mercure de la sonde européenne BepiColombo, la mise sur orbite du satellite franco-chinois CFOSat (pour lequel la France est devenue le premier Etat à développer un satellite avec la Chine) et le lancement du satellite de météorologie européen Metop C. D’ici moins de deux semaines, ce sera l’atterrissage sur la planète Mars de la sonde franco-américaine InSight-Seis et, le 18 décembre prochain, le lancement du satellite de reconnaissance militaire français CSO (Composante Spatiale Optique), « extrêmement performant ».

 

Bilan de l’IMM 2018.

Egalement président du Conseil d’administration de l’Agence spatiale européenne depuis mars 2017, Jean-Yves Le Gall s’est félicité des résultats de la session intermédiaire interministérielle (IMM 2018), accueillie le 25 octobre dernier à Madrid : elle a permis de définir une feuille de route claire entre l’ESA et l’Union européenne, de préparer le prochain Conseil ministériel de l’ESA (qui se tiendra en novembre 2019), et de faire signer un important accord pour lancement des satellites institutionnels par six entités européennes (l’ESA, l’Allemagne, l’Espagne, la France, l’Italie et la Suisse).

 

Trois secteurs clé.

Les Etats-Unis (qui créent d’une certaine manière « un nouveau Cnes chaque année », avec des hausses annuelles de budget de 2 Md$) demeurent la première puissance spatiale mondiale. La Chine pour sa part réalise une montée en puissance très impressionnante, qui se traduit notamment par 32 lancements (dont un échec) déjà effectués depuis le début de l’année, la plaçant désormais en troisième position (et la première en nombre de lancements). L’Inde affiche elle aussi des volontés dans le domaine des vols habités. Aujourd’hui, le monde ne compte pas moins de 60 agences spatiales.

Mais, selon Jean-Yves Le Gall, dans cette évolution, la place de la France sur la scène spatiale internationale reste majeure, grâce notamment à un soutien politique (en particulier du Parlement), fort et constant depuis la création du Cnes, dont le budget devrait encore connaitre « une augmentation significative » lors du prochain exercice.

La France donne ainsi le « la » au sein de l’Europe spatiale (qui reste la deuxième puissance spatiale mondiale), avec trois secteurs clés : les lanceurs (qui garantissent l’accès à l’espace), les satellites (également en pleine mutation, entre miniaturisation et introduction de la propulsion électrique), et les applications (qu’il s’agit valoriser, en particulier le système de positionnement Galileo). Par ailleurs, le Cnes se rend incontournable par la mise en place d’un grand nombre d’accords et de coopérations internationales.

Au cœur de ce nouvel ordre spatial, « complexe, compliqué et compétitif », le Cnes entend favoriser l’innovation (technologiques et méthodologiques), l’observation des changements climatiques (par l’intermédiaire notamment de l’Observatoire du climat) et l’exploration, grand accélérateur d’intérêt (à l’image du vol de Thomas Pesquet).

 

Des difficultés d’ArianeGroup.

Le président du Cnes a ensuite répondu durant plus d’une heure aux questions des députés.

En particulier, il a été interpelé à plusieurs reprises sur la situation d’ArianeGroup et l’annonce récente de 2 300 suppressions de postes d’ici 2022, et plus généralement la question des lanceurs, entre le peu de commandes enregistrées à ce jour pour Ariane 6, son arrivée peut-être tardive et la question de la préférence européenne.

Jean-Yves Le Gall a rappelé la pression qui a été faite sur les industriels afin de disposer d’une meilleure organisation, notamment face à la concurrence américaine. Il constate certes que le tissu industriel européen reste éclaté, mais que c’est « le prix à payer » d’un effort commun, considérant même que le retour géographique constitue une qualité du modèle européen.

Concernant les difficultés actuelles d’ArianeGroup, il rappelle que les embauches réalisées depuis trois ans visaient d’abord à assurer un pic d’activité dans le développement du programme Ariane 6, qui touche aujourd’hui à sa fin. Mais, s’il constate que le marché des lancements des satellites est en berne aujourd’hui, il garde l’espoir qu’il reparte prochainement (ce qui a déjà été vu par le passé, s’agissant d’un marché cyclique), et encourage dans ce sens à mettre l’accent sur les applications, pour augmenter la demande de satellites. Et de se montrer rassurant pour les salariés, la coentreprise créée en janvier 2015 présentant l’avantage d’être une filiale de deux très grands groupes, Airbus et Safran, ce qui devrait permettre d’absorber au mieux les suppressions de poste envisagées.

 

La Commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale rassemble aujourd’hui 73 députés. Elle est présidée par M. Roland Lescure (LaREM, Français de l’étranger), depuis le 29 juin 2017 (quinzième législature). Ses vice-présidents sont depuis le 1er octobre dernier Marie-Noëlle Battistel, Sophie Beaudouin-Hubiere, Daniel Fasquelle et Mickaël Nogal. Ses secrétaires sont Thierry Benoit, Christelle Dubos, Anne-Laurence Petel et François Ruffin.

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