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La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #71 : la mer de Corail

La mer de Corail, vue depuis l’ISS. © Twitter/@Thom_astro - ESA/NASA

Tout au long de la mission Proxima, Thomas Pesquet a réalisé de splendides clichés de la Terre, qu’il a diffusés sur les réseaux sociaux. Ici, au large du Queensland, en pleine mer de Corail.

Le 16 mai 2017, Thomas Pesquet a posté cette vue de l’île Mullers Cay dans la mer de Corail, avec le commentaire suivant : « Impossible de faire impasse sur la Grande Barrière de corail en survolant l’est de l’Australie. L’occasion de rappeler le phénomène alarmant du blanchissement des coraux, directement lié au réchauffement climatique… ».

L’image a été prise depuis l’ISS le 14 avril dernier, à l’aide d’un Nikon D4 équipé d’un téléobjectif à 1 150 mm de focale. Le Nord est à 9 heures environ. Nous sommes à l’est de l’Australie, à environ 1 600 km au nord-est de la capitale Canberra, et à environ 200 km au large de la ville de Mackay, dans la mer de Corail.

La mer de Corail se situe près de la côte nord-est de l'Australie. On trouve au Nord la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les îles Salomon et la mer des Salomon. On trouve loin à l’Est la Nouvelle-Calédonie et loin au Sud la mer de Tasman et la Nouvelle-Zélande. La mer de Corail possède une chaîne d'îles non habitées du même nom, dont l’île Mullers Cay, située au nord-est du Groupe Percy. C’est précisément cette île que Thomas Pesquet nous permet de découvrir.

La mer de Corail tient son nom de sa principale caractéristique, la grande barrière de corail, qui est le plus grand récif corallien du monde, actuellement propriété de l'Australie. On dénombre près de 3 000 récifs et 900 îles sur une superficie d’environ 345 000 km2. Comme le démontre ce splendide cliché, c’est la plus grande structure au monde créée par des organismes vivants à pouvoir être vue sans difficulté depuis l’espace. Ces milliards d’organismes minuscules, des colonies de coraux polypes agrégés les uns aux autres, soutiennent une biodiversité marine exceptionnelle. Et, comme le souligne Thomas Pesquet, plusieurs phénomènes conjugués et  alarmants menacent son existence.

En fait, pour être direct, la grande barrière de corail est en danger à cause de la pollution marine, de la pollution agricole, du tourisme de masse, de la pêche et du réchauffement climatique. Tout cela conjugué permet à des espèces invasives de s’implanter ici, mais surtout déséquilibre tous les biotopes et les écosystèmes existants. Au point que, selon une étude publiée en octobre 2012, le récif a perdu plus de la moitié de sa surface corallienne depuis 1985 ! Une véritable catastrophe se produit en direct sous nos yeux. Premier symptôme parmi de nombreux autres, le blanchiment des récifs coralliens en cours depuis quelques décennies, synonyme de la mort de ces organismes vivants. Ne soyons pas dupes, les eaux claires et chaudes de la mer de Corail, attirent les regards et les touristes ; les premiers sont sans conséquence s’ils ne s’alarment pas de la situation, les seconds accélèrent la fin inéluctable du grand récif créé il y a 18 millions d’années, et qui pourrait disparaître en quelques décennies seulement...

Retrouvez l’image sur Google Maps !

 

Gilles Dawidowicz est géographe, président de la commission de Planétologie de la Société astronomique de France.

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