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La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #48 : le lac Alaköl

Le lac Alaköl au Kazakhstan, vu depuis l’ISS. © Twitter/@Thom_astro – ESA/NASA

Depuis son arrivée à bord de la Station spatiale internationale, le 17 novembre dernier, Thomas Pesquet réalise de splendides clichés de la Terre, qu’il diffuse sur les réseaux sociaux. Ici, le lac Alakol, dans l’Est du Kazakhstan.

Le 15 avril 2017, Thomas Pesquet a posté cette vue du lac Alaköl au Kazakhstan avec le commentaire suivant : « Tout l’hémisphère nord n’est pas encore passé au printemps ! Un lac gelé dans l’Himalaya ».

L’image a été prise depuis l’ISS le 9 avril dernier, à l’aide d’un Nikon D4 équipé d’un objectif de 140 mm. Le Nord est à 4 heures. Nous sommes dans l’extrême est du Kazakhstan, à quelques kilomètres seulement de la frontière avec la région autonome ouïghoure du Xinjiang de Chine (au nord-ouest de la Chine).

Thomas Pesquet nous propose une vue rare du lac Alaköl, en pleine débâcle. Ce lac se situe sur la Route de la Soie, dans les oblys du Kazakhstan-Oriental et d'Almaty, deux régions administratives du Kazakhstan. A moins de 200 km à l’est du célèbre lac Balkash (le plus grand du pays à ne pas confondre avec le lac Baïkal, situé en Russie orientale), il s’agit d’un lac endoréique salé, ce qui signifie que son bassin versant est clos et retient toutes les eaux de ruissellement et de précipitations dans une dépression fermée. Tous les apports hydriques (le lac reçoit les eaux de 15 rivières dont l’Urzhar, la Katynsu, l’Emelkuysa, l’Yrgayty, la Zhamanty, la Zhamanotkol, la Tasty), mais aussi les eaux de pluie et la neige ne peuvent donc pas quitter le bassin endoréique, sauf par évaporation ou infiltration. Le lac Alaköl est situé à 347 m d'altitude, fait 2650 km2 de superficie et 59 km3 de volume. Sa profondeur maximum est de 45 m et son bassin versant fait 68 700 km2.

Sur le côté droit du cliché, on observe une partie du petit lac Sasykköl, qui a une superficie de 600 km2 et qui communique avec le lac Alakol grâce à une zone marécageuse. Le lac Sasykköl, lui aussi en débâcle, se situe au nord-ouest du lac Alaköl, les deux composant une réserve naturelle d’état. En fait, ces lacs sont reliés à d’autres plus petits encore et forment un véritable système.

Le zoom permet de voir les 5 îles du lac Alaköl, toutes alignées dans le même axe (la plus grande longueur du lac) et dont la plus grande mesure environ 5 km de long pour 2 à 3 km de large. Les autres îles sont beaucoup plus petites. Toutes sont d'importants sites de nidification et de nourrissage pour de nombreuses espèces d’oiseaux (dont la mouette relique habituellement près des océans, le rare, lourd et fragile pélican dalmate et la spatule blanche eurasienne). A ce titre, en 2013, l’UNESCO a intégré le lac Alaköl au réseau mondial des réserves de biosphère.

Enfin, l’air pur de la steppe, les eaux chaudes et salées ainsi que la chimie du lac (chlorure de sodium, sulfate de sodium, brome, fluor…) font de ce lieu un centre thermal et thérapeutique prisé pour traiter toutes sortes de maladies et pour les amateurs de thalassothérapie...

Retrouvez l’image sur Google Maps !

 

Gilles Dawidowicz est géographe, président de la commission de Planétologie de la Société astronomique de France.

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Commentaires

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  1. camille RATEL
    le 19/04/17 à 02h57

    chers amis, un grand merci à Thomas PESQUET pour cette magnifique photo du lac ALAKÖL avec tout les renseignements techniques qui compose ce lac.


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