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La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #33 : La Rochelle, capitale de l’Aunis

La Rochelle, vue depuis l’ISS. © Twitter/@Thom_astro - ESA/NASA

Depuis son arrivée à bord de la Station spatiale internationale, le 17 novembre dernier, Thomas Pesquet réalise de splendides clichés de la Terre, qu’il diffuse sur les réseaux sociaux. Ici, au-dessus de La Rochelle, en Charente-Maritime.

Le 19 février 2017, Thomas Pesquet a posté cette vue de La Rochelle en Charente-Maritime, avec le commentaire suivant : « La Rochelle sous le soleil d’hiver. En zoomant, on devine les tours qui gardent l’entrée du magnifique Vieux-Port… et l’aéroport ! ».

L’image a été prise depuis l’ISS le 30 décembre dernier, à l’aide d’un Nikon D4 équipé d’un téléobjectif de 1150 mm. Le Nord est à 9 heures. Nous sommes au-dessus de l’Anse de Pampin, de La Rochelle et de l’Anse de Godechaud.

Le cliché de Thomas Pesquet est d’une remarquable netteté. Il couvre environ 15 km de diagonale et se trouve centré sur La Rochelle et ses célèbres ports de pêche, de commerce et de plaisance. La Rochelle est toujours la Porte océane ! Au large du Pertuis d’Antioche et face à l’océan Atlantique, la ville est protégée des tempêtes par des barrières naturelles non visibles sur la photographie : l’île d’Oléron et l’île de Ré.

Dans le centre de l’image, on repère en un coup d’oeil son célèbre et immense Port des Minimes, dont on peut compter les quais et les pontons. Les plaisanciers s’y alignent de façon ordonnée. Comme le souligne Thomas Pesquet, le Vieux Port n’est pas en reste : avec un zoom, vous trouverez sans problème l’ombre portée sur la mer de la célèbre Tour Saint-Nicolas. Avec plus de difficulté, vous trouverez en face, la Tour de la Chaîne...

L’autre port remarquable est le Port Atlantique de La Pallice, avec son bassin à flot situé dans la partie ouest de la ville (tout en bas au centre de l’image) et construit autour d’anciennes fortifications allemandes. C’est un port en partie en eau profonde, équipé de nombreux quais et de centaines d’hectares de terrains et hangars pour stocker et déstocker les marchandises importées et exportées par d’énormes navires dont les plus gros peuvent atteindre 100 000 tonnes. Un zoom sur l’image permet d’ailleurs de deviner les milliers de grûmes stockées en extérieur, en attente de manutention (La Rochelle est le premier port français d’importation du bois, de produits forestiers, de pâtes à papier...), mais également les grues trahies par leurs ombres portées.

Deux ponts jetés sur la mer sont aussi très bien visibles dans le bas gauche de la photographie. Le premier, non loin de l’aéroport, c’est le Pont de l’île de Ré dont on voit les 500 premiers mètres (sur une longueur totale de près de 3 km) qui conduit à l’île du même nom et à la route nationale 237 également bien visible. D’ailleurs, cette nationale ceinture en partie la ville par le nord et par l’est (vers le haut de l’image). Le second pont, c’est le viaduc Président Christian Morch qui mène au Môle d’escale (non visible sur le cliché) du port industriel. On voit du reste juste à côté, l’entrée du Grand Port Maritime empruntée par les cargos. Un grand cargo de plus de 100 mètres de long est d’ailleurs à quai dans le premier grand bassin.

Mais revenons au centre-ville. Non loin du Vieux Port et de ses nombreux quais, on remarque des bassins qui conduisent à un long et fin tracé : c’est le canal de Marans, puis le canal de Rompsay (s’en allant vers le nord-est). Son tracé se divise et vers le sud-est mène au canal de la Moulinette et à ses nombreux plans d’eau à l’est de la ville. La zone verte doit abriter une belle biosdiversité qui contraste avec la vielle ville et les installations industrielles et portuaires.

Enfin, un détail frappe l’observateur : partout où le rivage est encore naturel et non artificialisé, le trait de côte se dessine en blanc et tranche avec les couleurs de l’océan. A ce propos, les eaux marines tout le long de la côte semblent turbides et chargées en alluvions et en particules fines. Elles viennent surement du ruissellement et du lessivage des terres agricoles, même s’il est possible que la Sèvre niortaise (au nord) et la Charente (au sud) participent à ces apports de charges solides qui teintent l’eau de mer en attendant de se déposer.

 

Gilles Dawidowicz est géographe, président de la commission de Planétologie de la Société astronomique de France.

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