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La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #20 : le Havre

Le Havre, vu depuis l’ISS. © Twitter/@Thom_astro - ESA/NASA

Depuis son arrivée à bord de la Station spatiale internationale, le 17 novembre dernier, Thomas Pesquet réalise de splendides clichés de la Terre, qu’il diffuse sur les réseaux sociaux. Ici, Le Havre.

Depuis son arrivée à bord de la Station spatiale internationale, le 17 novembre dernier, Thomas Pesquet réalise de splendides clichés de la Terre, qu’il diffuse sur les réseaux sociaux. Ici, Le Havre.

Le 11 février 2017, Thomas Pesquet a posté cette vue du Havre, avec le commentaire suivant : « Le Havre, porte maritime de la Normandie et patrimoine de l’UNESCO ».

L’image a été prise depuis l’ISS le 26 décembre dernier, à l’aide d’un Nikon D4 équipé d’un téléobjectif de 1 150 mm. Le Nord est à 1 heure. Nous sommes au-dessus de la ville du Havre, en Normandie.

Le Havre est une ville normande de Seine-Maritime (nord-ouest de la France) située sur la rive droite de l'estuaire de la Seine et de la Crique de Rouen. Son port est le deuxième de France après celui de Marseille, mais opère plus de conteneurs. Face à la Manche et à la pointe sud-ouest du Pays de Caux, Le Havre compte moins de 200 000 habitants. Au nord de la ville commence la Côte d’Albâtre et ses falaises magnifiques…

Le cliché de Thomas Pesquet couvre la ville entière mais aussi une très grande partie de l’immense zone portuaire et ses infrastructures étonnantes. Seules les personnes qui s’y sont déjà rendues peuvent se rendre compte de la réelle situation des lieux.

Faisons un zoom au plus près de l’entrée du port. Les digues construites sont énormes et ne réservent que deux entrées depuis la mer.

Celle de gauche (en haut à gauche du cliché), d’environ 200 mètres de large, permet l’accès immédiat à deux petits ports sur sa gauche protégés par deux digues assez fines. C’est dans ces ports, l’Anse des Régates (avec 5 pontons) et l’Anse de Joinville (avec 8 pontons) que sont logés les bateaux de plaisance bien visibles sur la photographie. Du reste, un petit bateau de plaisance trahi par sa traînée dans l’eau en sort. Juste derrière (vers le nord) se trouve la grande plage et son front de mer longs d’au moins 3 km. L’entrée nous guide jusqu’au premier grand bassin, le Bassin de la Manche et à ses différents quais qui conduisent à de très nombreux autres bassins : le Bassin du Commerce (rectangulaire) et devant lequel se trouve « le volcan », scène contemporaine très bien visible, le Bassin du Roi, le Bassin de la Barre, le Bassin de la Citadelle, le Bassin de l’Eure, le Bassin Vauban, le Bassin Paul Vatine et le Bassin Bellot. C’est précisément ce dernier qui mène d’une part au Canal de Tancarville (via le Bassin Vétillart, le Garage de Graville, le Bassin Marcel Despujols), et d’autre part à la Darse de l’Océan et au Grand Canal du Havre (parallèle au Canal de Tancarville). Le Canal de Tancarville termine sa course dans l’angle droit et bas du cliché. A une dizaine de kilomètres de là, vers l’est, se trouve le Pont de Tancarville (non visible sur le cliché). Dans la zone sud du port se trouvent les larges Bassins Théophile Ducrocq et René Coty.

Celle de droite (tout en bas à gauche du cliché) fait un peu plus de 200 mètres de large. Un cargo (trahi par son sillage et escorté par un petit bateau) s’apprête à en sortir. Cette entrée conduit à Port 2000, la zone portuaire tout en bas du cliché et bordée par une digue très fine et très longue la séparant de la mer. Sur la gauche, la grande digue centrale (Digue Charles Laroche) concentre sur sa partie nord (face aux Bassins Théophile Ducrocq et René Coty), des dizaines d’énormes cuves de carburant. Près de 75 d’entre elles sont visibles, et il est très facile de voir lesquelles sont pleines et lesquelles sont vides ! Au moins 7 cargos sont à quai dans ce bassin de Port 2000, avec ses docks, de nombreuses grues de déchargement et des milliers de conteneurs alignés.

Retournons vers Le Havre et quelques unes de ses curiosités. Tout en haut à gauche du cliché se trouve la commune de Saint-Adresse, enclavée entre la mer et Le Havre. Elle est connue pour avoir été la capitale de la Belgique durant la première guerre mondiale. Notez non loin de là les murs d’enceinte du Fort de Sainte-Adresse. Plus loin, cherchez du regard un grand rectangle troué bleu : c’est le stade Océane perdu dans la zone industrielle. Plus au sud encore, se trouvent deux ombres portées fines et très longues : il s’agit des deux cheminées de la centrale thermique du Havre qui est une centrale électrique fonctionnant au charbon. D'un diamètre de 25 mètres à la base et de 12 mètres au sommet, elles sont hautes de 240 mètres ! Dans le centre-ville, repérez le Cours de la République qui débute au Bassin Vauban. Il se perd au tunnel Jenner, un tunnel routier à double tube de 680 mètres de long construit en 1939 et de sinistre mémoire. Il relie la ville basse et la ville haute. Dans la ville haute, il est aisé de trouver quelques grands ensembles et des constructions de briques.... Enfin, Le Havre a su garder des espaces verts dont les deux plus grands sont la forêt de Montgeon et le parc de Rouelles, tous deux bien visibles en ville haute, vers le nord.

Malheureusement, les ponts de Normandie et de Tancarville sont hors du champ.
 

Gilles Dawidowicz est géographe, président de la commission de Planétologie de la Société astronomique de France.

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