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La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #18 : Athènes la nuit

Athènes la nuit, vue depuis l’ISS. © Twitter/@Thom_astro - ESA/NASA

Depuis son arrivée à bord de la Station spatiale internationale, le 17 novembre dernier, Thomas Pesquet réalise de splendides clichés de la Terre, qu’il diffuse sur les réseaux sociaux. Ici, la ville d’Athènes vue la nuit.

Le 6 février 2017, Thomas Pesquet a posté cette vue d’Athènes de nuit, avec le commentaire suivant : « Athènes et Le Pirée la nuit. Vous voyez l’aéroport ? Moins évident à trouver au premier coup d’œil : l’Acropole ».

L’image a été prise depuis l’ISS le 27 janvier dernier, à l’aide d’un Nikon D4 équipé d’un téléobjectif de 400 mm. Le Nord est à 10 heures. Nous sommes au-dessus de la ville d’Athènes, en Grèce.

Athènes, située sur les rives de la mer Égée, est la capitale et la plus grande ville de la Grèce avec environ 700 000 habitants pour 39 km2 de superficie. Son agglomération compte plus de 3 millions d’âmes. Berceau de la civilisation occidentale, Athènes est l’une des plus anciennes villes du monde, dans laquelle est née la première République de l’histoire. C’est le berceau des démocraties modernes, et fut en son temps, un véritable phare pour la Connaissance, la Réflexion, l’Esprit. Mais c’est aussi (et depuis longtemps), un carrefour majeur pour les hommes et les marchandises…

Ainsi, Athènes s'étend sur la péninsule de l'Attique, dominée par le mont Ægialée à l'ouest, le mont Parnès au nord, la colline calcaire du Lycabette au nord-est (une partie de la chaîne du Pentélique), le mont Hymette à l'est, et le golfe Saronique au sud-ouest. En raison de ces limites naturelles, la ville est contrainte et ne pourra s'étendre, à moins de gagner sur la mer.

Mais détaillons justement les richesses exceptionnelles de cette ville, fondées autour de la colline de l’Acropole d’une part, et de son port du Pirée d’autre part.

L’Acropole tout d’abord. En partant du bas de l’image (au centre), se trouve la marina et le quartier Kallithéa. Il convient de remonter la large avenue Andrea Syngrou très éclairée la nuit, jusqu’à la première “tâche noire” : c’est la colline des Muses et son monument funéraire, de Philopappos (surement le pixel éclairé dans le parc). A peine au-dessus se trouve l’Acropole, bien visible après un zoom. L’Acropole est une citadelle de l'Athènes antique, située sur un plateau rocheux calcaire s'élevant à 156 mètres au-dessus de la mer. C’est au cours de l'époque archaïque, puis de l'époque classique, que la zone est devenue un sanctuaire consacré au culte d'Athéna, comprenant plusieurs temples, dont le Parthénon, l'Érechthéion, le temple d'Héphaïstos et le temple d'Athéna Nikè. Les autres monuments remarquables de l'Acropole sont les Propylées, l'odéon d'Hérode Atticus, l'Olympéion, le théâtre de Dionysos ou encore non loin de là, le Stade antique panathénaïque, rénové pour les premiers Jeux Olympiques modernes.

Autour, les autres quartiers comme Pláka (en contrebas de l’Acropole), Psyrí, la place Monastiráki, Kolonáki (le quartier huppé), la place Syntagma et Exárcheia (le quartier branché) sont également très éclairés et bien visibles. Nous sommes dans le centre de la ville moderne, densément noyée autour de constructions sans intérêt et bétonnées.

Le port du Pirée ensuite, à quelques kilomètres au sud-ouest du centre-ville (tout en bas à gauche du cliché), dans la région de l'Attique, sur la côte est du golfe Saronique. Dans l'Antiquité et jusqu'au début du XXe siècle, le port du Pirée était une ville distincte d’Athènes, mais il fait aujourd'hui partie de la capitale. C’est l’un des plus grands ports au monde et le principal centre industriel du pays. Il est le point de départ des voyageurs allant vers les îles de la mer Égée mais aussi vers les destinations internationales de la Méditerranée.

Le Pirée comporte en fait trois ports : Microlimano, Zéa et Kantharos. Les yachts des milliardaires stationnent à Zéa et Microlimano. C'est de Kantharos que partent les ferries.

Enfin, comme le fait remarquer Thomas Pesquet, on retrouve sur le cliché -en haut, à droite- et très facilement, l’aéroport international d’Athènes (Elefthérios-Venizélos), tel un lingot d’or perdu dans la nuit et brillant de mille feux. Il faut zoomer pour deviner ses pistes d’atterrissage… A quelques kilomètres près, un peu plus à l’est (en haut sur la photographie), nous étions sur la rive est de la péninsule de l’Attique, à nouveau face à la mer Egée mais devant le golfe des iles Petalis et le golfe Saronique. Quant à la grande masse sombre cerclée de quelques routes très éclairées, il s’agit du mont Hymette à l'est de la ville, et de la chaîne Pentélique célèbre pour son marbre.

 

Gilles Dawidowicz est géographe, président de la commission de Planétologie de la Société astronomique de France.

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