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La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #17 : Honolulu

L’aéroport international de Honolulu, vu depuis l’ISS. © Twitter/@Thom_astro - ESA/NASA

Depuis son arrivée à bord de la Station spatiale internationale, le 17 novembre dernier, Thomas Pesquet réalise de splendides clichés de la Terre, qu’il diffuse sur les réseaux sociaux. Ici, l’aéroport international de Honolulu.

Le 5 février, Thomas Pesquet a posté cette vue de l’île O’ahu, avec le commentaire suivant : « La collection s’agrandit avec Honolulu ! Ça ne me dérangerait pas de faire la tournée de tous ces aéroports 1 fois de retour sur Terre ;) ».

L’image a été prise depuis l’ISS le 16 janvier dernier, à l’aide d’un Nikon D4 équipé d’un téléobjectif de 1 150 mm. Le Nord est à 1 heure sur la photographie. Nous sommes au-dessus de l’aéroport de Honolulu, sur l’île O’ahu de l’archipel d'Hawaï.

Nous le savons, avant d’être astronaute, Thomas Pesquet est un pilote. A ce titre, il affectionne particulièrement les aéroports et les pistes d’atterrissage qu’il peut photographier à loisirs depuis l’ISS. En voici donc une nouvelle illustration avec cet aéroport international.

Nous sommes à Hawaï, un archipel de l'océan Pacifique nord, qui porte le nom de sa plus grande île (l’île de Hawaï se trouve être la plus au sud de l’archipel). C’est aussi un État des États-Unis d’Amérique. Également appelées les îles Sandwich, ces îles sont au nombre de 137 (avec les atolls) et comptent de nombreux îlots et monts sous-marins. L’ensemble s’étend sur 2 400 km entre l’île la plus au nord (l’atoll de Kure toute proche de Midway) et l’île la plus au sud (l’île d’Hawaï). Ces îles sont pour la plupart, la partie émergée d’une incroyable chaîne de montagnes sous-marines formée par l’activité volcanique d’un point chaud. Qu’est-ce qu’un point chaud ? Imaginez un chalumeau sous les croûtes terrestre et océanique, qui transperce le manteau. La dérive des continents aidant, le chalumeau engendre une chaîne de volcans souvent alignés…

L’île O’ahu est la troisième île de cet archipel par la taille, avec une superficie de 1 545 km2. C’est aussi la plus peuplée, avec environ 1 million d’habitants, soit près de 75% de la population de tout l’Etat. La photographie est centrée sur l’aéroport de Honolulu, la capitale située sur la côte sud. Si vous êtes attentif, on distingue même dans le haut gauche du cliché, une partie du célèbre port de Pearl Harbor, dont l'attaque par le Japon le 7 décembre 1941, provoqua l'entrée en guerre des États-Unis durant la Seconde Guerre mondiale. Cette base navale de Pearl Harbor abrite le quartier général de la flotte du Pacifique des États-Unis. Le port et la base sont implantés autour d'une rade au centre de laquelle se trouve l’île de Ford dont on voit la pointe sud. L'entrée de cette rade se fait par un chenal très étroit également bien visible sur le cliché.
D’ailleurs, les célèbres USS Missouri (un cuirassé de l'US Navy) et USS Arizona (consacré à la mémoire des 1 102 marins de l’USS Arizona morts lors de l'attaque de Pearl Harbor) ne sont pas visibles sur le cliché, à quelques pixels (mètres) près…

Revenons à l’aéroport. Il existe depuis 1927, possède 4 pistes en asphalte et 2 pistes en eau pour les hydravions ! L’ensemble est très bien visible sur le cliché. Les deux pistes principales en asphalte sont parallèles et orientées est-ouest pour des longueurs d’environ 3 700 mètres. Les deux pistes en eau (qui forment un triangle avec une voie supplémentaire) sont plus courtes (environ 1 000 et 1 500 mètres) et se situent au sud-est de l’aéroport. Clairement, cette partie du lagon a été draguée pour la réalisation des pistes en asphalte et des pistes en eau. Les déblais ont contribué à gagner sur l’océan.

Le reste de la photographie nous révèle que le tissu urbain et industriel de la ville de Honolulu est concentré en pied de relief. Sur la partie droite de la photographie, les contreforts du massif volcanique est de l’île : le volcan Ko’olau et ses pentes dénudées aux ravins profonds et aux crêtes en éperons. Le ruissellement doit être ici particulièrement efficace.

 

Gilles Dawidowicz est géographe, président de la commission de Planétologie de la Société astronomique de France.

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