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La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #14 : Nice la nuit

Nice de nuit, vue depuis l’ISS. © Twitter/@Thom_astro - ESA/NASA

Depuis son arrivée à bord de la Station spatiale internationale, le 17 novembre dernier, Thomas Pesquet réalise de splendides clichés de la Terre, qu’il diffuse sur les réseaux sociaux. Ici la ville de Nice vue de nuit.

Le 3 février 2017, Thomas Pesquet a posté cette vue de Nice de nuit, avec le commentaire suivant : « Nice est blottie entre la Méditerranée et les contreforts des Alpes maritimes : même de nuit on devine sa géographie ! ».

L’image a été prise depuis l’ISS le 30 janvier dernier, à l’aide d’un Nikon D4 équipé d’un téléobjectif de 400 mm. Le Nord est en bas de la photographie. Dans le sud-est de la France, nous sommes au-dessus des Alpes-Maritimes. La photographie s’étend de Roquebrune-Cap-Martin (au bout à gauche) à Vallauris (au bout à droite), en passant par Monaco, Nice, Cagnes-sur-Mer et Antibes. L’image est centrée sur la ville de Nice et sa célèbre et magnifique Promenade des Anglais.

Cette vue de nuit ne permet pas de se rendre compte de la situation de la région, qui se trouve entre mer et montagne, mais permet de bien se rendre compte de la densité du tissu urbain de cette zone littorale, particulièrement éclairée la nuit comme une grande partie de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. La ville compte près de 350 000 habitants et son agglomération près d’un million.

Nice est située sur les bords de la mer Méditerranée, le long de la baie des Anges et à l'embouchure du Paillon (dont le zoom permet de repérer quelques discrets méandres avant la vieille ville). La ville est bordée à l’ouest par le Var, un fleuve côtier de 114 km de long dont on devine les berges sur ce cliché. En fin de cours, le Var borde d’une part l’aéroport Nice Côte d’Azur sur sa rive gauche, et d’autre part Saint-Laurent-du-Var sur sa rive droite.

Partons de la gauche du cliché. Après un zoom, en regardant bien la photographie, on retrouve sans mal la Baie de Roquebrune, Monaco et ses lumières, le Port Hercule et son Quai Rainier III, l’étonnant et minuscule Port de Fontvieille. La route de la côte est bien éclairée la nuit et permet de retrouver le Cap Rognoso, le Cap Fleuri (le Cap d’Ail est dans le noir), le Cap Mala, la pointe de Cabuel et finalement la Baie de Saint-Laurent.

La première presqu’île remarquable (premier tiers de la photographie) est celle du Cap Ferrat. Elle brille de mille feux la nuit. Érigée entre Villefranche-sur-Mer et Beaulieu-sur-Mer, la ville de Saint-Jean-Cap-Ferrat, comprend toute la presqu'île du cap Ferrat et sur sa côte est, la pointe Saint-Hospice (et ses célèbres et délicates anses) soit environ 250 hectares. On y trouve près de 500 villas très luxueuses, noyées sous les fleurs, les palmiers, les pins d'Alep, les oliviers… invisibles la nuit.

Poursuivons la promenade. Nous sommes maintenant dans la Rade de Villefranche-sur-Mer, au pied du Mont Boron (peu éclairé la nuit, du fait de son parc), devant le discret port de Villefranche-sur-Mer, aux côtés de la Citadelle Saint-Elme et aux portes de la ville de Nice. Son petit port est bien visible mais c’est évidemment son immense Promenade des Anglais qui frappe le regard. Longue de 7 km, elle longe le bord de mer et accueille la Baie des Anges connue dans le monde entier pour ses Palaces luxueux. Assurément le cœur de la ville bat ici et dans ses vieux quartiers (le Piol, Jean Médecin, Mantega, Cimiez, Carabacel…). Le tracé des rues remontant vers le Nord (vers le bas de l’image) irrigue les hauts de la ville.

L’aéroport, cher à Thomas Pesquet, est bien visible et borde le Var. Sur l’autre rive, on trouve le petit Port de Saint-Laurent-du-Var, l’immense baie se poursuit devant Cagnes-sur-Mer et jusqu’à Antibes. Le rivage est ici beaucoup moins éclairé la nuit malgré une densité urbaine tout aussi importante. La ville d’Antibes se situe au nord du cap d'Antibes. On ne soupçonne par la présence de La Brague qui se jette ici dans la mer, tout près du Fort Carré que l’on voit bien sur le cliché.

À l'ouest de la presqu’île du cap et de ses anses recouverts de nombreux parcs (et donc peu éclairés), Juan-les-Pins, s’articule sur le golfe Juan. On y retrouve le Port Gallice (la petite virgule éclairée) et le Port Camille Rayon (aux quais en forme de pinces).

 

Gilles Dawidowicz est géographe, président de la commission de Planétologie de la Société astronomique de France.

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