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La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #12 : le lac du Mont-Cenis

Le lac du Mont-Cenis vu depuis l’ISS. © Twitter/@Thom_astro - ESA/NASA

Depuis son arrivée à bord de la Station spatiale internationale, le 17 novembre dernier, Thomas Pesquet réalise de splendides clichés de la Terre, qu’il diffuse sur les réseaux sociaux. Ici, le lac du Mont-Cenis en Savoie.

Le 29 janvier 2017, Thomas Pesquet a posté cette vue du lac du Mont-Cenis, avec le commentaire suivant : « Le lac du Mont-Cenis, en Savoie, comme un trou béant au milieu de toute cette neige. Survoler les Alpes me donne envie de skier… ».

L’image a été prise depuis l’ISS le 24 décembre dernier, à l’aide d’un Nikon D4 équipé d’un téléobjectif de 1 150 mm. Le Nord est à gauche de la photographie. Nous sommes en effet dans la commune de Val Cenis, au-dessus du lac du Mont-Cenis, dans le Parc National de la Vanoise, à quelques centaines de mètres seulement de la frontière avec l’Italie.

Situé à 1974 mètres d’altitude, ce lac d’environ 7 km2 est artificiel et retenu par un barrage de plus d’1 km de long, bien visible sur le cliché (en haut de la photo, au sud-est du lac dans la réalité). Il s’agit d’un barrage-poids, fait de pierres et de terre. Ce barrage d'une contenance de 315 millions de mètres cube, a permis de réaliser la sixième plus grande retenue d'eau artificielle française. Le lac se déverse dans la Cenise à peine visible, qui elle-même se jette dans la Doire ripaire, affluent du Pô. Le lac fait donc partie du bassin versant du Pô.

La neige recouvre ce paysage de haute montagne mais le zoom permet d’identifier quelques infrastructures de la scène aux alentours du barrage et du lac. Ainsi, de chaque côté du barrage, on peut observer des constructions. Comme par exemple sur le côté gauche du barrage (en haut de l’image) où se trouve une construction en triangle : c’est le Forte Cassa. Ou encore sur le côté droit du barrage, où se trouvent les murs de l’ancien fort de Varisselle. On constate aussi la présence de petites routes, même si elles sont enneigées. A moins d’un kilomètre à l’aval du barrage, quelques constructions éparses sont visibles jusqu’à un canal artificiel long d’environ 300 mètres et rempli d’eau. Le réseau hydrographique très riche est lui aussi recouvert par la neige, même si l’on devine les tracés des torrents dans les talwegs.

En bas à gauche de l’image, on retrouve le col du Mont-Cenis, à droite au centre le sommet du mont Malamot (2 917 m) avec à son pied le lac Blanc recouvert de neige et un peu plus loin le mont Giusalet (3 312 m) ; à gauche la Pointe de Ronce (3 612 m) très bien visible alors que la Pointe du Lamet (3 504 m) n’est pas visible sur la photographie, mais l’arête qui y conduit (en haut à gauche de la photo) est remarquable.

Bien que se trouvant entièrement sur le territoire français, le lac est situé sur le versant italien du col du Mont-Cenis. Rattachée à la vallée de la Maurienne tant d'un point de vue historique, culturel et économique, la combe est administrée par les communes de Bramans, Sollières-Sardières et Lanslebourg. Sous la neige et avec beaucoup d’acuité, vous trouverez les lac de Roterel et de l’Arpon, le lac Noir et le glacier de Bard dont les séracs sont recouverts de neige.

C’est après la Seconde Guerre mondiale, au titre des réparations de guerres de l’Italie envers la France, que le col du Mont-Cenis est cédé par l'Italie à la France lors du traité de Paris (1947).
 

Gilles Dawidowicz est géographe, président de la commission de Planétologie de la Société astronomique de France.

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