Logo Air & Cosmos

1er site francophone d'actualité aéronautique et spatiale

Actualité Espace Actualité Vols habités

La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #1 : le Mont Saint-Michel

Le Mont Saint-Michel depuis l'ISS. © Twitter/@Thom_astro - ESA/NASA

Depuis son arrivée à bord de la Station spatiale internationale, le 17 novembre dernier, Thomas Pesquet réalise de splendides clichés de la Terre, qu’il diffuse sur les réseaux sociaux. Ici, le Mont Saint Michel.

Le 19 janvier 2017, 63e jour de la mission Proxima (61e jour à bord de l’ISS), Thomas Pesquet a posté cette vue du Mont Saint-Michel, dans la Manche (Normandie), avec le commentaire suivant : « Entre Bretagne et Normandie et à la frontière entre mer et terre, le Mont-Saint-Michel étend son ombre (très identifiable !) sur les sables qui l’encerclent. On n'aurait pas pu le survoler à un meilleur moment de la journée pour admirer la beauté de sa forme à travers sa projection ! »

L’image a été prise le 28 décembre dernier, à l’aide d’un Nikon D4 équipé d’un téléobjectif de 1 150 mm. Parfaitement centré sur le cliché, le vieil ilôt rocheux apparaît dans toute sa splendeur, dans les vasières littorales caractéristiques du lieu. Vue depuis 400 km d’altitude, son ombre a pris la forme d’une aile delta indiquant le Nord ! La mer est retirée.

Ces vasières sont caractérisées par une dichotomie frappante : en amont le schorre et en aval la slikke. Foncé, le schorre (ou palud, en Bretagne), est la partie haute de la vasière. Il n'est recouvert seulement qu'aux grandes marées. Il est caractérisé par une végétation halophile (qui aime et s’épanouit dans les milieux salés). Le bas schorre est recouvert à chaque marée (excepté lors des mortes eaux), est colonisé par des plantes telles que la soude et l'aster maritime. Le moyen schorre présente une végétation d'aspect buissonneux, dû à l'obione. Quant au haut schorre, il est composé de salicornes, de spartines, de lavandes de mer ou encore d'armoises.

Très claire, la slikke correspond à la partie de la vasière qui est recouverte à chaque marée. Elle est essentiellement composée de vases molles, d'apparence lisse et sans végétation. Elle abrite une quantité importante de bactéries. Elle abrite également une faune variée dont des bivalves prisés par les habitants de la région (palourdes, coques...), des crabes verts et des poissons (mulets, carrelets, bars).

Le cliché de notre astronaute montre également très bien le chevelu et les tresses laissés par le ruissellement lors du retrait de la marée. Sur la gauche, le chenal des fleuves Sée et Sélune est particulièrement bien visible. En haut de l’image, dans l’axe du Mont, se dresse rectiligne en provenance des terres, le tracé du Couesnon qui se jette également dans la baie. Enfin, dans son prolongement, et en plein dans l’axe se trouve l’îlot granitique Tombelaine dont la superficie est de 3 hectares. Il est comme pointé par l’ombre triangulaire du Mont.

Gilles Dawidowicz est géographe, président de la commission de Planétologie de la Société astronomique de France

Mots Clés :

A lire également

Commentaires

Réagir

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.