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La sonde InSight a frôlé les ennuis lors de son atterrissage sur Mars !

Image acquise le 26 novembre 2018 par la caméra ICC, à 13 h 34 min 21 sec en heure solaire locale. © NASA / JPL-Caltech

La chance était au rendez-vous lors de l’atterrissage sur Mars de la sonde américaine InSight, le 26 novembre. Gilles Dawidowicz revient pour nous sur la phase la plus critique de la mission.

Alors que des millions de personnes à travers le monde retenaient leur souffle durant les sept minutes de terreur à la phase la plus critique de l’EDL (Entry, Descent, Landing) de la sonde InSight, on a frôlé les ennuis au moment du contact avec le sol ! C’est du moins ce que laisse envisager ce cliché, pris deux minutes seulement après l’atterrissage de la sonde américaine sur Elysium Planitia.

C’est la caméra couleur grand angle ICC (Instrument Context Camera), située sous la plateforme (le pont), qui a réalisé ce premier cliché tant attendu et libérateur. Il signifiait la bonne arrivée de la sonde au sol et sa survie aux incroyables et très nombreuses phases automatiques qui devaient s’enchaîner en seulement sept minutes, pourtant interminables. Cette caméra fisheye (qui offre un champ de vision de 120 degrés et des images d’une résolution de 1024 x 1024 pixels), dite de contexte, est présente à bord de l’engin pour donner aux ingénieurs des éléments précis concernant la nature de la surface martienne où s’est posée la sonde. Elle se situe sous la plateforme elle-même pour mieux apprécier la surface, et fait face à la zone de travail où seront réalisées les investigations des scientifiques une fois les instruments déployés par le bras robotisé.

 

Dangers potentiels.

Le site d’atterrissage a précisément été choisi pour sa platitude et sa faible densité en blocs rocheux, deux conditions obligatoires pour justement déployer de façon optimale les deux instruments les plus importants de la mission, HP3 et SEIS. Or, on sait depuis les sondes Viking que, lors des dernières secondes, juste avant le contact, les rétrofusées soufflent les poussières et les fractions les plus fines du sol, tout autour de la zone d’arrivée. Seuls les blocs les plus importants, voire ceux cimentés à la surface, restent en place et peuvent présenter un danger. Ce sont ces blocs que les ingénieurs redoutent car selon leur taille et leur emplacement, ils peuvent potentiellement faire s’incliner voire faire basculer la sonde, si celle-ci y pose l’un de ses pieds.

 

Coup de chance.

Fort heureusement, cela ne s’est pas produit, mais le cliché de la caméra ICC, arrivé sur Terre seulement cinq minutes après la confirmation de l’atterrissage, montre bien – malgré le cache protecteur encore positionné devant l’objectif et les nombreuses poussières qui s’y sont collées – qu’un bloc rocheux de bonne taille (en bas à gauche) se situe à quelques centimètres seulement du pied de la sonde (en bas à droite) ! Bien dégagé par le souffle des rétrofusées, il apparaît plus gros que le pied lui-même. Coup de chance (il en faut), la sonde s’est posée à côté, pour le plus grand bonheur de tous… Il n’y a d’ailleurs aucun autre bloc visible dans le champ de la caméra, ce qui augure un déploiement des plus faciles pour HP3 et pour SEIS...

 

Gilles Dawidowicz est géographe et secrétaire général de la Société astronomique de France.

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