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La filière hélicoptère réclame une pause règlementaire

Les coûts de formation des équipages d'hélicoptères ont été multiplié par deux depuis 2014.. © Airbus Helicopters Lorette Fabre

La filière française de l'hélicoptère réclame une pause règlementaire de deux ans. L'Union française de l'hélicoptère (UFH) dénonce en effet un "emballement législatif sans précédent" qui se fait "au détriment de la sécurité et de la santé économique du secteur". Et l'UFH de rappeler que 10 % à 15 % des acteurs du marché ont disparu depuis 2011 "compte tenu du contexte économique, du manque de perspectives règlementaires stables et du manque de soutien à cette filière" qui représente encore plus de 33 000 emplois directs et 70 000 emplois indirects.

"Presque tous les jours, l'Agence européenne pour la sécurité aérienne (EASA) publie de nouvelles prescriptions, parfois contradictoires, sur la législation aéronautique, ce qui rend son application de plus en plus problématique. S'il est indispensable d'harmoniser les législations entre pays, le traitement administratif accroît la charge de travail des équipes aux dépends de la sécurité concrète des vols et de la santé économique des acteurs, déjà durement touchés par la crise", souligne l'UFH qui donne en exemple "qu'il n'est pas rare que les acteurs de la filière reçoivent plus de 1 200 pages de législation à commenter sous 10 jours".

"Cette pause règlementaire doit permettre à la profession, mais aussi à son administration de tutelle, d'assimiler et de comprendre les textes déjà publiés afin de s'y adapter. Mais, ce délai devra aussi et surtout être mis à profit pour engager, en coopération avec les autorités de l'aviation civile, la refonte des dispositions qui posent de réels problèmes opérationnels, quant elles ne vont pas carrément à l'encontre des objectifs sécuritaires recherchés", souligne Dominique Orbec, président de l'UFH.

Et l'UFH de mettre en avant des exemples criants d'incohérence comme le fait que les coûts de formation des équipages ont été multipliés par deux depuis 2014, "qu'un pilote de plus de 60 ans peut continuer à faire du travail aérien de haute précision (transport de charges, lutte contre les incendies,...) mais ne peut plus transporter de passagers". Et cerise sur le gâteau : "des réticences administratives ont conduit à renoncer au renfort des hélicoptères suisses, parmi les plus expérimentés en matière de secours en montagne, lors de l'incident de téléphérique, en septembre 2016 dans le Massif du Mont-Blanc. Compte-tenu des différences d'interprétations de part et d'autre de la frontière, les opérateurs suisses ont pu déposer les secouristes mais n'ont pas pu évacuer le public. Les 33 personnes bloquées ont dû passer la nuit dans les cabines et attendre l'arrivée des hélicoptères française le lendemain".

Dernière cible de l'UFH : une règlementation qui "souhaite imposer aux hélicoptères d'être bimoteur pour le survol de zones hostiles alors que la flotte européenne d'hélicoptères "est composée à 80 % de monomoteurs adaptés en terme de sécurité et de réalité opérationnelle".

 

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