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Janaillac : "Le low cost long-courrier n'est pas la menace principale"

Air France-KLM © DR

Le PDG d'Air France-KLM, Jean-Marc était pour la première fois auditionné mercredi 29 novembre par la Commission de l'aménagement du territoire et du développement durable du Sénat. L'occasion pour lui d'expliciter le nouveau plan "Trust Together" et

Il n'est pas sûr que Jean-Marc Janaillac, pour son premier grand oral mercredi 29 novembre devant la Commission de l'aménagement du territoire et du développement durable du Sénat, ait pu dissiper les doutes qui subsistent quant au projet de création d'une nouvelle compagnie, pour l'instant baptisée "Boost". Ce projet, qui entre dans le cadre plus général du plan "Trust Together", a été abordé dans les toutes premières questions des sénateurs, notamment de Nicole Bonnefoy, rapporteure pour avis de la mission budgétaire "Transports aériens".

"Il y a eu autrefois dans le groupe une tendance à minimiser l'impact des compagnies low cost sur le moyen courrier. Il ne faut pas refaire les mêmes erreurs. Mais le low cost n'est pas la menace principale. Les flottes low cost long courrier représentent actuellement 30 à 40 avions. Celles des compagnies du Golfe représentent elles, 500 avions ! Le low cost long courrier se développe. Est ce que cela va rester un phénomène périphérique ou est ce que cela va continuer à se développer ? Si c'est le cas, nous ferons ce qu'il faut", précise Jean-Marc Janaillac. 

"Nous avons trois types de lignes long courrier, les "ultra business" où la clientèle d'affaires est très contributive, les "ultra tourisme" à dominante loisirs qui sont toutes les deux rentables et les lignes mixtes qui souffrent le plus, notamment vers l'Asie du Sud Est, face aux compagnies du Golfe", explique Jean-Marc Janaillac. "L'idée est donc d'avoir une compagnie avec un produit de qualité mais avec une exploitation à moindres coûts et un recrutement qui sera fait sur la base du volontariat. 

Pour justifier la mise en place du plan "Trust Together" qui "peut encore être amené à évoluer", Jean-Marc Janaillac a dressé un bilan sans concessions de la situation d'Air France. "Nous sommes dans une situation paradoxale où la compagnie a de nouveau été bénéficiaire en 2015 et devrait l'être encore en 2016. Mais reste encore très fragile". Ainsi, Air France a une des rentabilités les plus faibles d'Europe, la moitié de Lufthansa, le tiers de British Airways et le quart d'Easyjet. "Et nous avons une valorisation boursière dix fois moindre que celle de Ryanair". 

Sur le long courrier, 35% des lignes opérées par Air France sont déficitaires, voire "lourdement déficitaires" pour 10% d'entre elles. "Elles pèsent pour 200 millions d'euros dans les comptes de la compagnie", précise Jean-Marc Janaillac. 

A l'objectif ambitieux de 2,5 à 3% de croissance annuelle sur le secteur long courrier, le PDG d'Air France veut ajouter une plus forte réduction de coûts. Mais cela reste encore très difficile pour des raisons internes et externes. "Nous opérons à Roissy CDG, dans le deuxième aéroport le plus coûteux en Europe, après Heathrow", explique Jean-Marc Janaillac. A Roissy, le coût d'une "touchée" est de 14 600 euros, contre 3 500 euros à Dubaï. "Rien que sur cet écart, nous avons un facteur différentiel de 300 millions d'euros par an avec Emirates", conclut Jean-Marc Janaillac. 

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