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Il y a 20 ans débutait la mission STS-84

L'équipage “assis” autour de la table à manger du module de base de Mir. © Photo NASA/Tezio Cortez

Le 15 mai 1997, la navette spatiale Atlantis décollait du Centre spatial Kennedy, en Floride, à destination de la station spatiale Mir. A son bord, l'astronaute français Jean-François Clervoy, qui effectuait son deuxième vol spatial.

Huitième mission du programme « Shuttle-Mir » engagé en 1994 entre les Etats-Unis et la Russie, la mission STS-84 constituait le sixième amarrage de la navette Atlantis à la station Mir. Cinq hommes (dont le Français Jean-François Clervoy) et deux femmes (l'Américaine Eileen Colins, pilote de la navette, et la Russe Elena Kondakova) rejoignaient ainsi l'équipage Mir-23 (les Russes Alexandre Lazoutkine et Vassili Tsibliev et l'Américain Jerry Linenger), qui venait de vivre un séjour particulièrement mouvementé à bord de la station russe : un feu provoqué par un générateur d'oxygène de secours, des pannes de différents systèmes embarqués, une quasi-collision avec le vaisseau-cargo Progress-33 lors d'un test du système d'amarrage manuel, et une panne totale d'alimentation électrique, qui entraîna un mouvement incontrôlé de la station... Mike Foale releva son compatriote et rentra en octobre 1997, après avoir, lui aussi, frôlé la catastrophe le 25 juin, lorsque le Progress M-34 heurta le module Spektr, entraînant sa dépressurisation...

 

Un repas international.

Le séjour à bord de la station, qui dura près de 5 jours, fut l'occasion d'un repas extraordinaire, que Jean-François Clervoy décrivit dans les colonnes de la revue l'Astronomie, en septembre 2002 : « Ce fut le plus mémorable de tous mes dîners. La journée avait été très longue et les activités intenses. Nous voulions avoir fini à l’heure pour ne pas perdre une seconde de cette « virée » entre copains. Exceptionnellement, pas une alarme n’avait retenti dans Mir pendant les trois heures entières qu’avait duré le repas. Côté navette, un seul signal avait forcé l’un d’entre nous (Carlos [Noriega], toujours très dévoué) à jeter un coup d’œil dans le cockpit, situé à l’autre bout du complexe. Il s’agissait d’un avertissement de fin de remplissage d’un réservoir d’eau de la navette. Le plus remarquable fut l’absence totale d’appel du « sol » qui, bien que cela n’apparaisse pas explicitement dans le plan de vol, savait au vu des 3 heures bloquées pour les dix membres d’équipage qu’un évènement spécial avait lieu. Par la suite, je prenais tous les repas dans Mir en y amenant ma nourriture piochée péniblement dans les tiroirs de rangement de la navette où les sachets étaient tassés si fort que l’on s’énervait facilement à essayer d’en extraire un ou deux sans déranger le reste. A l’approche de chaque repas, je me réjouissais à l’avance de retrouver mes amis, comme lors d'une sortie au restaurant, pour le partager avec eux. Ce soir-là, il y en avait pour tous les goûts en qualité et quantité, ce qui comptait pour Ed [Lu], le plus grand consommateur d’entre nous. Goûter au foie gras dans l’espace, déguster le canard confit à la sauce bordelaise aux cèpes ou le bœuf au barbecue texan en buvant de la Chi Cha du Pérou, avaler des confiseries chinoises avec de la tisane bio ou savourer les fromages de chèvre de famille et terminer par la meilleure glace jamais consommée dans l’espace accompagnée de navettes en chocolat et de pralines belges, le tout en apesanteur avec hublots sur fond de Terre… Voici les ingrédients qui composèrent une soirée rare mais gravée en encre indélébile dans notre mémoire. »

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