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Drones de combat : le Taranis de BAE Systems a volé

Taranis © BAE Systems

Moins d'un an après le vol inaugural du démonstrateur de drone de combat européen Neuron, c'est au tour des Britanniques de se frotter aux essais en vol de leur propre poulain : le Taranis, développé par BAE Systems.

 

Dans un memorandum consacré au sujet des drones et publié le 25 octobre sur le site Internet du Parlement, le MoD britannique a discrètement dévoilé que les essais en vol du Taranis "ont eu lieu en 2013", après des essais statiques qui avaient débuté en 2010. Une communication a minima que BAE Systems et le MoD n'ont pas souhaité développer, précisant que de plus amples informations seraient rendues publiques une fois ces essais en vol terminés. Ceux-ci ont lieu sur le polygone d'essais de Woomera, en Australie.

 

Globalement, le Taranis a toujours été entouré d'un grand secret. Déjà peu diserte sur la plupart de ses programmes, la commnunication du MoD a entouré celui-ci d'un blackout quasi complet, justifié d'une part par la technologie critique développée au titre de ces travaux (dans le domaine de la furtivité notamment) mais aussi par la polémique grandissante dans les pays occidentaux au sujet de l'usage des drones armés.

 

Peu de détails techniques ont ainsi filtré sur le prototype de drone de combat britannique. Légèrement plus gros que le Neuron, le Taranis afficherait une masse maximale d'environ 8 tonnes et des dimensions "proches de celles d'un Hawk", selon les éléments de langage du MoD. La définition de l'engin avait été gelée dès 2007.

 

Le programme Taranis avait été notifié par Londres à BAE Systems en décembre 2006, pour un montant global "d'approximativement 180 millions de livres", selon le MoD, soit 211 millions d'euros. Un coût inférieur de moitié à la démonstration Neuron, financée à hauteur de 400 millions d'euros environ.

 

La différence s'explique en partie par un niveau d'ambition légèrement inférieur outre-Manche. Le programme vise quasi-exclusivement au développement d'une plateforme aérienne la plus furtive possible, et ne prévoit pas de largage d'armement ou de travaux d'insertion dans le trafic aérien, contrairement au Neuron. Les essais en vol ne devaient durer à l'origine que six mois, soit trois fois moins que ceux du drone de Dassault.

 

Côté français, la communication autour du Neuron a également été relativement discrète depuis le dernier salon du Bourget, au cours duquel le prototype avait été présenté pour la première fois au public. Deux vols d'essais avaient été réalisés depuis Istres en décembre 2012, dont un en présence de la presse. Entre temps, le Neuron a été mesuré sous toutes ses coutures sur le site de la Direction générale de l'armement de Bruz, dans la chambre anéchoique Solange. Interrogée, la DGA confirme que les vols du Neuron ont désormais repris à Istres.

 

Le 30 juillet 2012, Paris et Londres attribuaient à Dassault Aviation et Snecma d'une part, BAE Systems et Rolls-Royce d'autre part, des contrats d'un montant total de 13 millions d'euros pour "l'analyse détaillée par les industriels du besoin opérationnel de la France et du Royaume-Uni" pour un "système de combat aérien futur" (SCAF, ou FCAS en anglais). De ces travaux, qui doivent s'achever en mai 2014, pourrait aboutir une feuille de route commune pour la préparation de la prochaine génération d'aéronefs de combat, dont les programmes Neuron et Taranis ont précisément servi à poser les premières briques technologiques.



 

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