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Derniers instants sur Terre pour Thomas Pesquet et ses équipiers

La presse s'est également retrouvée allègrement aspergée d'eau bénite. © Pierre-François Mouriaux/Air & Cosmos

A Baïkonour, trois événements ont marqué la veille du lancement de Thomas Pesquet : le baptême du lanceur, la réunion finale de la commission d'Etat et l'ultime conférence de presse de l'équipage. La dernière journée sur Terre a commencé.

L'une des cérémonies les plus folkloriques qui précèdent un lancement habité depuis le cosmodrome de Baïkonour (Kazakhstan) s'est déroulée hier mercredi 16 novembre vers 13h, heure locale (7h, heure de Paris) : la bénédiction du lanceur érigé sur son pas de tir par un prêtre orthodoxe. Le rituel a duré une vingtaine de minutes, malgré les -15 degrès qui régnaient, le pope aspergeant au passage et de bon cœur les équipes du cosmodrome et les invités présents, journalistes compris. L'équipage du Soyouz MS-03 aura le droit lui aussi à une louchée d'eau bénite ce soir, avant de s'installer au sommet du lanceur -qu'il n'a toujours pas vu, superstition oblige. Cette bénédiction, auquel nul ne peut échapper, quelle que soit sa confession ou même s'il n'est pas croyant, ne remonte pas au premier vol de Youri Gagarine, en 1961. Elle a été introduite après la disparition de l'Union soviétique, entre le premier vol de Claudie Haigneré (en 1996) et le second vol de son époux (en 1999).

Plus tard dans l'après-midi, c'est à l'hôtel des cosmonautes de Baïkonour que s'est réunie la commission d'Etat qui devait autoriser le lancement de ce soir. Les membres de l'équipage du Soyouz MS-03, ainsi que leurs doublures, étaient également présentes, mais tenues à l'écart d'éventuelles contaminations derrière une large baie vitrée. Plus formelle qu'autre chose, la réunion a donné son feu vert définitif. Les équipages ont donc pu participer vers 18 heures à une conférence de presse sur leurs dernières impressions, en présence d'une centaine de journalistes russes, américains et français -les plus nombreux-, quelques officiels, des amis (dont un groupe de sept pilotes d'Air France), et les familles.

 

Thomas Pesquet, star de la conférence de presse.

Découvrant de l'autre côté de la vitre une foule compacte, une nuée d'appareils photos et de caméras mais aussi des visages connus, Thomas Pesquet a semblé particulièrement ému au départ. Puis, davantage sollicité que ses camarades et régulièrement ovationné, il s'est prêté durant 75 minutes au jeu des questions-réponses de la salle, avec l'aisance et la décontraction qu'on lui connait. Comme nous le confiait l'astronaute Luca Parmitano la veille, le Français est prêt et impatient de réaliser le rêve de sa vie.

La soirée devait ensuite être consacrée au visionnage du film soviétique « Le Soleil blanc du désert » (1969), systématiquement diffusé aux équipages depuis la reprise des vols Soyouz après la catastrophe de Soyouz 11, en juin 1971. Pouvait ensuite commencer la dernière nuit de sommeil sur Terre, avant le grand jour. Celui-ci doit également être ponctué par une série de cérémonies (dont la signature par les équipages des portes de leurs chambres), en attendant le départ pour le cosmodrome (à 20h30, heure locale), l'habillage en scaphandre (21h30), la sortie du bâtiment MIK 254 et le salut aux représentants de la commission d'Etat (23h20), le trajet en bus jusqu'au pas de tir, et enfin l'installation dans la fusée, dont le décollage reste prévu à 2h20 le lendemain matin. La température sur place devrait alors avoisiner les -17 degrés (soit -27 ressentis)...

Payekhali! (c'est parti !)

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