Logo Air & Cosmos

1er site francophone d'actualité aéronautique et spatiale

Actualité Espace Actualité Sciences

Dernières nouvelles de l’astéroïde Ultima Thulé

Les découvertes se poursuivent... © NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Southwest Research Institute

Chaque semaine, une photo qui a fait l’actualité ou retenu notre attention. Le géographe Gilles Dawidowicz revient sur le survol du plus lointain corps planétaire jamais exploré par la sonde New Horizons.

Les sondes spatiales explorant le système solaire vont continuer très longtemps à nous surprendre. Et ce n’est pas la sonde américaine New Horizons qui nous fera mentir.

Souvenez-vous de son survol au tout début de l’année d’un petit objet de la ceinture de Kuiper : Ultima Thulé. C’était une véritable révélation que la découverte de ce corps très lointain, qui se révèle être une planète mineure binaire à contact !

Cette semaine, la NASA a partagé un nouveau cliché à haute résolution du « bonhomme de neige », obtenu grâce à la caméra grand-angle multicolore (MVIC) de l’instrument Ralph. Ce cliché a été pris lorsque l’objet de Kuiper se trouvait à 6 700 kilomètres de New Horizons le 1er janvier et à moins de sept minutes avant l’approche au plus près de la sonde conçue par l’Université Johns Hopkins. Avec une résolution de 135 mètres par pixel, l’image a été stockée dans la mémoire de la sonde puis transmise à la Terre entre le 18 et le 19 janvier.

 

Détails inédits.

L'éclairage oblique de cette nouvelle image révèle de nouveaux détails inédits, dont des reliefs et autres formations géomorphologiques le long du terminateur. Ainsi, on observe de nombreuses petites fosses atteignant près de 700 mètres de diamètre. Une grande et profonde dépression circulaire, peut-être en forme d’entonnoir et d'environ 7 kilomètres de diamètre, est visible sur le plus petit des deux lobes. On y constate deux taches claires sur ses murs intérieurs, plutôt dans la partie basse de la structure. Par ailleurs, de très nombreuses autres petites dépressions sont visibles sur les deux lobes. Leur nature exacte n'est pas encore établie : s’agit-il de cratères d'impact ou sommes-nous en présence de formations résultant d'autres processus géomorphologiques tels que des effondrements ou des gueules résultant d’anciennes éjections de matériaux volatils pareilles à des jets de matières et de gaz ?

 

Des indices sur la formation du corps.

Si la majeure partie de la surface des deux lobes est plutôt sombre, on constate tout de même de très nombreuses structures et taches claires d'origine inconnue. Elles pourront peut-être, dans un futur plus ou moins proche, nous donner des indices sur la manière dont ce corps a été assemblé, peu après la formation du système solaire, il y a 4,5 milliards d'années. L'une des formations les plus étonnantes est sans conteste le « collier » lumineux qui sépare les deux lobes et dont nous avions déjà remarqué la présence sur les images plus lointaines.

Dans les prochaines semaines et dans les prochains mois, d’autres images nous parviendront, au compte-goutte. Elles seront de bien meilleure qualité, en couleurs et à haute résolution. Elles pourraient encore nous surprendre…

 

Gilles Dawidowicz est géographe, secrétaire général de la Société Astronomique de France

 

Mots Clés :

A lire également

Commentaires

Réagir

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.