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Criques sur l'A380 : Airbus s'explique

le 26/01/2012 à 17:08  Si les nervures de voilure de l'A380 se fissurent légèrement, c'est sans doute parce que l'alliage de nouvelle génération utilisé supporte moins bien les assemblages par interférence.

Des contrôles effectués sur certains de plus anciens A380 - notamment celui de Qantas endommagé par l'explosion en vol d'un de ses moteurs - avaient montré la présence de criques sur des nervures des ailes du super jumbo européen. Tom Williams, le patron des programmes chez Airbus, a donné hier les premiers éléments d'explication. Ou du moins ce que l'avionneur déduisait de ses premières expertises. Alors qu'à la lueur de contrôles de routine un autre type de criques a été découvert.

La voilure de l'A380 est principalement réalisée en structures métalliques, exception faite de son caisson central (intégré au fuselage) qui est majoritairement en carbone. Tom Williams met en avant le choix de l'alliage d'aluminium, le 7449, de nouvelle génération qui visiblement supporte moins bien les assemblages par interférence (les fixations sont montées en force). Alors que ce type d'assemblage sur les alliages d'aluminium de génération précédente permettait justement d'améliorer la résistance en fatigue de l'assemblage.

Airbus dans son usine de Broughton a mis au point pour l'A380 une technique de formage des panneaux en aluminium par étirage. Or ce serait durant cette opération, explique Tom Williams, que dans la zone de jonctionnement bout à bout des revêtements intrados, des criques apparaissent dans certains cas. Ce sont les criques de ce type auxquelles se réfère l'Agence européenne de la sécurité aérienne (Aesa) dans sa directive du 20 janvier (voir Air & Cosmos n° 2297, p. 33).

Ce formage des panneaux voilures en extrémités d'aile n'est pas aussi précis qu'on aurait pu le penser et des jeux plus grands que prévus entre les panneaux conduisent à générer des charges plus importantes lors de l'assemblage par interférence des tôles bout à bout avec des "doublers".

Tom Williams considère que ce phénomène ne remet pas en cause la sécurité de l'appareil. Il estime qu'Airbus dispose d'assez de nervures et de ferrures en stock pour mener à bien les réparations qui s'imposent sur les A380 incriminés. Pour l'avenir, Airbus doit envisager une modification définitive. Une fois encore on notera qu'il ne s'agit pas d'incriminer un alliage ou une méthode de production, mais c'est la combinaison des deux qui ne donne pas les résultats envisagés.

Nicole Beauclair

(photo : Airbus)


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